8 février 2009.
Discours de Sylvie GOULARD.
Merci à tous d'avoir avalisé la composition de l’équipe
du Modem pour les élections européennes, à laquelle
j’ai la chance d’appartenir. Comme nous y avons été
invités, je vais vous dire pourquoi je suis là.
La première raison est toute simple : j’en avais assez de
toutes ces personnes qui ont fait « n'importe quoi » de l’Europe,
alors même que l’Europe est la plus belle réalisation
des 60 dernières années. J'en avais assez qu’on envoie
au Parlement ceux dont on veut se débarrasser en politique intérieure,
ou qu’on ne reconnaisse pas le travail effectué par d'autres
à Strasbourg. J’en avais assez d’entendre sans cesse
évoquer l'influence de la France en Europe et de voir qu’on
la perd de vue lorsque vient l’heure des choix décisifs.
Si une famille est vraiment ancrée dans la tradition européenne,
communautaire, c'est celle-ci, comme votre enthousiasme de ce matin le
montre tout à fait. Et l’une des difficultés de cette
campagne sera de faire comprendre que toutes les "formes" d'Europe
ne se valent pas. En ce moment, on essaie vraiment de nous vendre pour
des grands succès européens, des actions qui marquent une
régression de l’Europe communautaire. Le respect des règles
collectives de décision, le respect de nos partenaires est capital
- et je salue, à ce sujet, le MoDem d'Allemagne, représenté
parmi nous aujourd’hui car c’est un pays qui m'est particulièrement
cher. Selon moi, il est difficile de clamer que la Présidence française
a été un succès alors même que la relation
franco-allemande souffre d’un manque de vision et de respect mutuel.
Par ailleurs, et je l'assume complètement, comme François
Bayrou l'a indiqué tout à l'heure, il faut être ce
que l'on est alors, oui, je suis un peu « technocrate » sur
les bords. Le défi que nous allons relever ensemble, qui est fondamental,
c’est d’arriver à travailler tous ensemble, quelles
que soient nos origines. Ainsi, dans tout mon engagement, notamment associatif,
j'ai toujours mis un point d’ honneur à parler d'Europe à
ceux qui, selon moi, en sont indûment privés : j'aime aller
parler d'Europe dans les ZEP, dans les prisons, dans les « quartiers
» et c'est là, je ne vous le cache pas, que j'ai pu avoir
certains des plus beaux échanges sur l'Europe. Mais notre campagne
ne doit pas non plus exclure ceux qu’on appelle « les élites
», ce qui reviendrait à séparer les différentes
couches de la population. Je rends hommage à l'expertise, aux efforts
faits par certains pour se former, aux qualités de rigueur intellectuelle,
trop dévalorisées aujourd’hui. N’oublions pas
que la raison fait partie du patrimoine de l'Europe. Nous avons vu en
2005 les dégâts faits par des personnes et des courants qui,
sur le Net, sans scrupules, ont répandu des contre-vérités.
Permettez-moi de remercier Bruno Joncour pour ses paroles qui rejoignent
les messages que j'ai reçus de la région Ouest. Je ne sais
pas si l'on doit dire grand Ouest, car c'est très français
de dire toujours "grand"… Pour moi, c'est Ouest.
Je suis infiniment touchée par toutes ces réactions spontanées
de soutien. Et je suis certaine que nous allons faire une très
belle campagne. Mais j’ai un message à vous passer : en allant
au devant des électeurs, SOYEZ HEUREUX ; on ne vendra pas bien
l’idée européenne si on la présente sempiternellement
comme une cuillère d'huile de fois de morue… qui nous fera
du bien, bien sûr, mais qui est amère à avaler !
Et puis, soyons modestes. Il y a de nombreuses questions pour lesquelles
je n'ai pas de réponse, à supposer qu'il y en ait une seule.
C’est pourquoi, j'ai envie d'aller écouter ce que les citoyens
de la région Ouest ressentent ; ainsi, nous définirons les
éléments de réponses ensemble, après dialogue
et débat.
Vous découvrirez aussi mon indépendance d’esprit,
tout comme François Bayrou qui a tenu à ce que je vous rejoigne
et donc comprendra aussi peu à peu ce qu’elle signifie. Il
m’a voulue, il m’aura…
Sur la plupart des sujets européens, il n'y a pas une vérité
unique. Tout est question de dosage. J'ai d’ailleurs été
très sensible, à l’instant, à sa réponse
très nuancée sur le protectionnisme : défense de
notre protection sociale et de nos exigences environnementales, mais pas
de fermeture qui serait nocive à notre économie. Je crois
que l'une des difficultés en matière européenne -
et l'un des combats que nous avons à mener ensemble- , c'est vraiment
de pourfendre toutes les personnes qui arrivent avec des idées
"simplettes". Très souvent, il y a un équilibre
à trouver et, selon moi, le Centre, c'est justement l'équilibre.
Dans une société où l'on aime bien les simplifications
et les contrastes, je vous invite à vendre l'Europe comme quelque
chose de pondéré, où le compromis a des vertus, afin
que nous retrouvions la valeur de la mesure face à l'extravagance
ou à l'agitation.
Un mot plus personnel : Robert Rochefort a parlé de sa famille
de manière très émouvante. Mon expérience
est assez différente ; ma famille n'est pas française au
départ, elle est méditerranéenne : mon père
est enterré dans le sud, mes grands-parents encore plus au sud.
Mais j'ai trois filles qui sont à moitié bretonnes. Dans
mon parcours, il y a le passé, méditerranéen, mes
racines auxquelles je tiens beaucoup, mais il y a mon avenir et celui
de mes enfants qui est fait d’autres souvenirs et d’autres
enjeux. Ceux qui sont allés sur mon site ont vu que j’ai
choisi le slogan « l'Europe est notre avenir ». L'Europe est
mon avenir mais, comme dans ma vie de famille, celui-ci est lié
désormais à la Bretagne, à l’Ouest dans son
ensemble, le Poitou, les Charentes, les pays de la Loire.
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