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JM Barroso n’en rate pas une...

23 février 2011

L’édition de lundi du Financial Times faisait état en première page de la dernière idée géniale du Président de la Commission : ouvrir une voie d’accès à la fonction publique de la Commission, réservée aux Britanniques ne parlant qu’anglais. Le motif : il y aurait trop peu de Britanniques à la Commission. Les Britanniques n’apprennent plus les langues. Donc faisons leur un concours sur mesure !!!

Si c’est vrai – mais le FT est en général bien informé – ou si même quiconque en a eu la velléité dans l’entourage du Président Barroso, c’est gravissime. D’où ma lettre au Financial Times ci-dessous, envoyée en copie au chef de cabinet de M. Barroso. Mieux vaut faire savoir rapidement que ce genre de dévoiement de l’esprit communautaire rencontrerait des oppositions. Et puisque, aux dires du FT, « Paris » devrait voir ce genre d’initiative d’un mauvais œil, ne décevons pas nos amis d’outre-Manche. A mon sens, c’est aussi injuste pour des Italiens, des Allemands ou des Polonais mais jouons la Française de service… Honni soit qui mal y pense.

La Commission doit recruter des fonctionnaires compétents, rompus à la diversité culturelle, aptes au travail dans plusieurs langues. S’il y a trop peu de Britanniques se destinant à cette carrière, que le gouvernement de sa grâcieuse Majesté s’interroge sur le résultat d’une politique d’abandon de l’enseignement des langues étrangères et aussi sur les ravages du dénigrement de l’UE par les médias et la classe politique anglaises.

Considérer que, pour les Anglais, l’anglais seul suffirait serait injuste, probablement illégal au regard des règles de la fonction publique communautaire et à terme désastreux pour la diversité culturelle qui est l’un des atouts de l’intégration européenne.

Enfin c’est une insulte pour les anglophones qui, malgré les obstacles mis à leur formation, sont très qualifiés. Mon assistante anglaise Heather en est la preuve : il existe des jeunes Britanniques trilingues, parfaitement aptes à passer les concours « normaux ». Ils ont fait des efforts qui méritent reconnaissance. Le nivellement par le bas, la pratique des quotas nationaux ne sont pas des solutions pour maintenir une fonction publique communautaire compétente et indépendante.



Sir, the logic of the argument in your article « Brussels seeks to woo monoglot Brits » is intriguing: the number of British civil servants in the Commission is low, it is well known that many British citizens do not speak any other language, therefore let’s recruit British citizens who only speak English.

Mr Barroso’s latest sophism is beautiful. There are however at least four counter arguments.

Civil servants working in the Commission do not “represent” one Member State, they work in the European interest and the only criteria which counts is their individual competence.

In my opinion, this competence is strongly linked to exposure to cultural diversity and therefore one can have doubts regarding the caliber of a civil servant who only speaks their mother tongue and has no exposure to the foreign press, no personal experience of living abroad, and therefore of their ability to effectively perform their duties.

The proposed solution is of course very unfair; it gives one Member State an advantage which they do not deserve. Mr Barroso seems to think that the European Court of Justice would accept such an exception. I can only hope that they would not.

It also ignores the fact that many Britons actually have very good linguistic skills. They deserve our respect because they have developed them in spite of the British education system which offers reduced chances to learn foreign languages, compared to most other Member States. As a recent report “Language Matters More and More”, published by the British Academy Policy Centre highlights, the increasingly severe deficit of language learning will have severe economic effects for Britain in the future.

The British Academy recognises that “the UK’s social and economic future relies on our ability to compete on the international stage” and I would suggest that rather than offering short cuts for British civil servants to enter the Commission, a better proposal would be to convince the British government of the necessity for its workforce to speak multiple languages and to make the necessary changes to its education system to enable this to be the case.

Sylvie Goulard MEP (with the help of her British trilingual assistant Heather Bailey)

 
 

Agenda

6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.

 

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Correspondants locaux

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MoDem

Du nouveau

Nouvel obs 16 mai, 2012, Nouvel Obs, "Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.

 

Le Monde15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.

 

BFM 9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.

 

Le Monde10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.

 

La Croix 7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.

 

La Croix 7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.

 

4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.

 

4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.

 

Libération 3 mai 2012, Libération, "La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.

 

La Croix

3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.

 

3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã

Francia diretta Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.

 

Nouvel obs 30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.

 

Nouvel obs 24 avril, Nouvel Obs, "Sarkozy ou Hollande peuvent-ils réconcilier les Français avec l'Europe ?" Vingt-cinquième contribution de Sylvie Goulard qui expose la tâche urgente du prochain Président de la République : assainir les finances publiques, restaurer la compétitivité nationale tout en permettant à l'Europe de renouer avec ses objectifs initiaux de prospérité, d'emploi et de bien être des populations. Lire.

 

16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.

 

Financial times 19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.

 

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