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Chronique d’Espagne – 16 et 17 novembre 2009
Madrid, avant la présidence espagnole du premier semestre 2010 Dans la perspective de la présidence espagnole du premier semestre 2010, un certain nombre de députés ADLE, réunis autour de Guy Verhofstadt, se sont rendus cette semaine à Madrid. Une quinzaine d’élus occupant les fonctions de coordinateurs de notre groupe, dont moi-même, ainsi que le Président ont ainsi pu s’entretenir, pendant deux jours, avec un certain nombre de responsables politiques espagnols.
En créant un poste de Président permanent du Conseil européen (désormais attribué à M. van Rompuy) tout en maintenant la rotation de la présidence du Conseil des ministres, le traité de Lisbonne n’a pas simplifié l’organisation du travail communautaire.
Dans ce contexte, il est bon qu’un pays aussi pro-européen que l’Espagne, déjà rôdé aux subtilités communautaires, prenne les rênes de l’UE le 1er janvier prochain ; cette présidence là devra veiller à une application harmonieuse du traité de Lisbonne, avec toutes les potentialités et toutes les incertitudes qu’il recèle. Le secrétaire d’Etat pour les affaires européennes, M. Diego Lopez Garrido, ancien membre de la Convention européenne, est particulièrement qualifié : il connaît la genèse du texte et aura sans doute à cœur que sa mise en œuvre soit un succès.
Parmi nos interlocuteurs, Miguel Sebastian, ministre de l’industrie et du commerce, ainsi que des fonctionnaires en charge du changement climatique, nous ont exposé les positions de l’Espagne en vue de la conférence de Copenhague sur le climat. L’Espagne désire un accord exigeant mais, pour le cas où les Etats du monde n’aboutiraient pas, la présidence aurait à gérer les « suites » en 2010.
Nous avons également pu nous entretenir avec Maria Teresa Fernández de la Vega, première Vice Présidente du gouvernement. Pour ma part, j’ai surtout apprécié de rencontrer Mme Salgado, ministre des finances, ainsi que deux secrétaires d’Etat à l’économie. Nous avons pu notamment évoquer des sujets tels que la relance, la sortie de crise, la supervision financière, l’état des finances publiques en regard du pacte de stabilité et de croissance. Je suis un peu restée sur ma faim sur la manière dont le gouvernement espagnol entend réviser la stratégie de Lisbonne, lors du Conseil européen du printemps. Chacun s’accorde à considérer qu’il faut revoir la méthode, aboutir à des instruments plus contraignants mais nous n’en saurons pas plus.
La jeune ministre de l’égalité, Bibiana Aido (32 ans), nous a rappelé combien le gouvernement Zapatero, très féminin, a pris au sérieux la question de l’égalité homme / femme, aussi bien sur le plan économique (lien entre le travail des femmes et la compétitivité ; salaire égal pour travail égal) mais aussi sous un angle social (partage des tâches familiales, aide aux victimes de violence domestique).
Au total, ce furent des discussions intéressantes confirmant la volonté du gouvernement espagnol de faire avancer les dossiers européens (climat, sortie de crise, énergie notamment) mais aussi, comme chaque fois que le présidence tourne, nous avons ressenti cette petite tentation, dans la capitale concernée, d’étendre un programme national à la dimension européenne, plutôt que de « penser européen » : ainsi, les priorités de politique étrangères seront d’abord … - comment avez-vous deviné ? - l’Amérique du Sud et la Méditerranée. Les questions de supervision bancaire sont vues à l’aune des performances – remarquables, compte tenu des règles dynamiques de provisionnement des risques – des banques espagnoles pendant la crise. Ou encore, la stratégie de Lisbonne intéresse plus l’Espagne depuis qu’elle connaît un fort taux de chômage… Nihil novi sub sole.
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