L’agenda de la session plénière n’était pas particulièrement chargé mais, en marge, les consultations liées à mon rapport sur le Conseil européen du risque systémique se sont poursuivies à un rythme soutenu. Du premier échange de vues qui s’est tenu sur ce sujet en Commission ECON, on peut retenir :
1. la volonté, exprimée par les députés de tous les groupes, de parvenir à créer un cadre européen de supervision ambitieux ; à ce stade au moins, il n’est pas question de valider tel quel le texte que le Conseil des ministres essaie de produire, rabot en mains ;
2. la décision de traiter conjointement les 4 textes relatifs d’une part au Conseil européen du risque systémique (chargé de la supervision macroéconomique) et d’autre part aux trois autorités de supervision microéconomique (banques / assurances et fonds de pension / marchés).
Je suis ravie de ces deux points de convergence, même si le travail en « quadrige » va compliquer la tâche de chacun des rapporteurs et donc mon propre travail.
C’est pourquoi j’ai passé beaucoup de temps à échanger avec les uns et les autres. A la diversité culturelle se mêle la variété des appartenances politiques ; ainsi, il s’agit de faire travailler ensemble un travailliste britannique, Peter Skinner, un Vert allemand, Sven Giegold et un conservateur espagnol, José Manuel Garcia-Margallo y Marfil. Afin de n’exclure personne, j’ai également eu un long échange avec des membres du groupe ECR, des conservateurs britanniques que ces textes concernent et préoccupent particulièrement. Je ferai de même avec le groupe GUE où siègent les communistes. Là réside l’un des charmes de ce Parlement : discuter par delà les frontières partisanes est indispensable pour faire avancer un dossier ; chacun n’est pas prisonnier d’une posture a priori.
Comme à Bruxelles, j’ai également reçu de nombreux professionnels intéressés par ce texte (des assureurs allemands, des banquiers américains par exemple) ; j’ai lu aussi ce que les Japonais m’ont envoyé de leur propre système. Enfin, j’ai parlé longuement avec le directeur général de la DG Markt à la Commission européenne, M. Holmquist, dont j’avais déjà vu les collaborateurs.
Lobby ou pas lobby ? Souvent, en réunion publique, la question du poids des lobbies à Bruxelles m’est posée, non sans méfiance. Je crois qu’il ne faut ni les sous-estimer, ni les diaboliser ; dialoguer avec les professionnels qui vont être concernés par un texte me semble la moindre des choses. C’est ainsi qu’on peut peser le pour et le contre, détecter des erreurs ou découvrir des éléments nouveaux. Naturellement, cela suppose d’écouter des interlocuteurs nombreux, de panacher les interlocuteurs, d’y associer des académiques (ce que je fais beaucoup à Bruxelles où des think tanks comme Bruegel par exemple fournissent une analyse de qualité). Et de n’être en définitive dans la main de personne mais au centre du jeu en n’ayant en tête que le seul intérêt européen.
Plus je creuse ce dossier, plus il me semble nécessaire de monter un cadre de supervision exigeant. L’explosion de la bulle immobilière à Dubaï, cette semaine, est venue à point nommé rappeler la vulnérabilité des marchés en ce moment, et l’irresponsabilité de certains investisseurs cupides.
Flash sur les industriels de la transformation du lait Un bon exemple de ce que peut apporter un tel dialogue m’a été fourni lors d’un échange avec l'Association de la Transformation Laitière Française. La réforme de la PAC, notamment dans le secteur laitier, aura des implications sur l’industrie agro-alimentaire française. Nous avons pu échanger sur les différents modèles de régulation envisageables, les évolutions mondiales – dont il faut de plus en plus tenir compte- mais aussi sur des questions de société comme les conséquences nutritionnelles, pour l’homme consommant des produits laitiers, d’une alimentation plus ou moins naturelle des vaches. Changements de mode de consommation, exigences en termes d’étiquettes, sûreté de l’approvisionnement : les thèmes ne manquent pas.
Lors de chacun de ces entretiens, je suis frappée par le caractère vivant de l’action européenne. Pour les fermiers mais aussi pour les salariés de ce secteur comme pour les consommateurs, la PAC a des incidences concrètes. A travers des quotas ou des aides qui ont l’air de parler chinois, nous influons sur nos vies de tous les jours. Et c’est ce que j’aime. Etre parent d’élève préoccupée de ce que mangent les enfants à la cantine et députée, voilà ce que je voudrais combiner, lobby ou pas lobby !
Compte rendu vidéo des activités principales qui ont eu lieu pendant cette plénière ...
16 mars 2012, Nantes : Intervention dans le cadre du colloque "L'Europe face à la crise" organisé par la chaire de philosophie de l'Europe, à la faculté de droit et de science politique, en présence de Jean-Marc Ferry.
16 mars 2012, Saint-Malo : Intervention à la réunion-débat publique organisée par le Comité de soutien Bayrou 2012 sur la place de l'Europe dans la campagne présidentielle de François Bayrou et sur les enjeux économiques de la zone euro.
14 février, Le Monde,"Réconcilier les Européens avec l'Europe" Article co-rédigé par Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, à l'occasion de l'intervention de ce dernier, en session plénière à Strasbourg. Dans le contexte actuel écrivent-ils, l'UE a besoin de plus de démocratie et d'une collaboration plus étroite entre les différentes institutions. Lire.
7 février, Nouvel Obs,"Merkel/Sarkozy : pourquoi leur connivence partisane est une faute de goût" Seizième article de Sylvie Goulard qui exprime sa réserve vis-à-vis du soutien d'Angela Merkel à l'égard de Nicolas Sarkozy. Lire.
1er février, Nouvel Obs,"Nouveau traité européen : l’euro vaut bien une messe" Quinzième article de Sylvie Goulard qui décrypte les enjeux du nouvel accord conclu le 30 janvier dernier, par vingt-cinq Etats membres de l'UE, pour renforcer la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Lire.
2 février, La Croix,"Il manque en France une vraie culture du débat". Lire.
31 janvier, Radio Centre Ville Montréal, Interview de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe tient une place centrale dans le projet du Modem. Ecouter à la 0'30.
31 janvier, Lo Spazio della Politica, Interview de Sylvie Goulard sur la crise économique et financière. Lire.
26 janvier, Nouvel Obs, "Présidentielle : plaidoyer pour une élection ouverte sur l’Europe et le monde" Quatorzième article de Sylvie Goulard qui encourage les candidats à l'élection présidentielle à replacer l'Europe au coeur du débat politique. Lire.
19 janvier, Nouvel Obs, "Les agences de notation diabolisées... parce qu'elles dérangent ?" Treizième article de Sylvie Goulard tendant à réhabiliter le rôle des agences de notation Lire.
17 janvier, ARTE, Sylvie Goulard intervient dans l'émission Thema, dans le cadre d'un débat sur la crise de l'euro. Regarder.
12 janvier, EUobserver, Sylvie Goulard explicite l'enjeu des eurobonds. Regarder.
12 janvier, Nouvel Obs,"Hongrie ou "l’Europe qui protège"... les tyrans ?" Douzième article de Sylvie Goulard visant à "décrypter" les enjeux de la campagne présidentielle. Lire.
11 janvier, Les Cahiers Croire,"L'Europe, une espérance", interview avec Sylvie Goulard. Lire.