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Chronique de Bruxelles du 7 décembre 2009

Plusieurs fois par an, Jean-Claude Trichet, le Président de la Banque Centrale Européenne se rend devant la commission parlementaire ECON pour un échange de vues appelé « dialogue monétaire ».

Cet échange est de grande qualité. Je voudrais moins en donner le détail, assez technique, que faire quelques remarques à caractère politique général.

1) Avec le traité de Lisbonne, la BCE devient une institution à part entière ; mais – et c’est infiniment plus important - avec la crise, cette consécration n’est pas seulement juridique : c’est sur le champ de bataille du mois d’août 2007 (crise des subprimes aux Etats-Unis) et de l’automne 2008 (crise mondiale) qu’elle a gagné ses galons. Dans le monde entier, des économistes, des hommes politiques rendent hommage à son action, au sang froid de JC Trichet et de son équipe. Un petit coup de chapeau n’est pas inutile. Trop souvent, dans l’UE, nous oublions de nous réjouir de ce qui « marche » bien.

2) La BCE est indépendante, elle n’est pas isolée ; ce dialogue régulier avec le Parlement permet des échanges de vues approfondis. Devant les députés, Jean-Claude Trichet ne se livre pas seulement à un numéro formel imposé par les traités ; il a à cœur d’expliquer, avec passion, par exemple, pourquoi il n’acceptera pas, de la part des banques, le « business as usual ». De nombreux députés, de toutes tendances politiques, le questionnent sans ménagement : sur la sortie de crise ; sur les pays non membres de la zone Euro et leurs difficultés accrues ; sur les Etats membres qui s’éloignent des critères de convergence (Grèce, Irlande) ; sur la transparence des décisions du conseil des gouverneurs ou du directoire ; sur la manière dont la BCE commence à analyser ce qu’on appelle le risque « systémique », c'est-à-dire le risque de fracture capable de détruire l’économie dans son ensemble. Participer à ces échanges est passionnant. Une chose ma paru claire : la crise a transformé le rôle de la BCE. Créée pour être gardienne de la monnaie, chargée du seul contrôle des prix, elle s’est muée, par la force des choses, en gardienne de la stabilité financière. C’est désormais une institution mature. Et un modèle à donner en exemple aux détracteurs du fédéralisme : quand une institution européenne est organisée sur un mode fédéral, dotée de pouvoirs clairs, forts, cette institution peut jouer un rôle mondial. Elle est identifiée par nos partenaires. Elle agit dans l’intérêt commun. On ne peut malheureusement pas en dire autant du Conseil des ministres pendant la crise !

3) La crise est loin d’être terminée ; le pire – une grande dépression – a été évité mais l’économie reste fragile ; la BCE a accordé des facilités aux banques pour qu’elles financent l’économie et non « pour leurs beaux yeux » a dit M. Trichet, repassant soudain au français. Tiens, tiens… Qui disait encore que les banquiers centraux étaient des monstres froids ?

 

 
 

Agenda

16 mars 2012, Nantes : Intervention dans le cadre du colloque "L'Europe face à la crise" organisé par la chaire de philosophie de l'Europe, à la faculté de droit et de science politique, en présence de Jean-Marc Ferry.

 

16 mars 2012, Saint-Malo : Intervention à la réunion-débat publique organisée par le Comité de soutien Bayrou 2012 sur la place de l'Europe dans la campagne présidentielle de François Bayrou et sur les enjeux économiques de la zone euro.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Le Monde 14 février, Le Monde, "Réconcilier les Européens avec l'Europe" Article co-rédigé par Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, à l'occasion de l'intervention de ce dernier, en session plénière à Strasbourg. Dans le contexte actuel écrivent-ils, l'UE a besoin de plus de démocratie et d'une collaboration plus étroite entre les différentes institutions. Lire.

 

Nouvel obs 7 février, Nouvel Obs, "Merkel/Sarkozy : pourquoi leur connivence partisane est une faute de goût" Seizième article de Sylvie Goulard qui exprime sa réserve vis-à-vis du soutien d'Angela Merkel à l'égard de Nicolas Sarkozy. Lire.

 

Nouvel obs 1er février, Nouvel Obs, "Nouveau traité européen : l’euro vaut bien une messe" Quinzième article de Sylvie Goulard qui décrypte les enjeux du nouvel accord conclu le 30 janvier dernier, par vingt-cinq Etats membres de l'UE, pour renforcer la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Lire.

 

La Croix 2 février, La Croix, "Il manque en France une vraie culture du débat". Lire.

 

31 janvier, Radio Centre Ville Montréal, Interview de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe tient une place centrale dans le projet du Modem. Ecouter à la 0'30.

 

31 janvier, Lo Spazio della Politica, Interview de Sylvie Goulard sur la crise économique et financière. Lire.

 

Nouvel obs 26 janvier, Nouvel Obs, "Présidentielle : plaidoyer pour une élection ouverte sur l’Europe et le monde" Quatorzième article de Sylvie Goulard qui encourage les candidats à l'élection présidentielle à replacer l'Europe au coeur du débat politique. Lire.

 

EuropeInfos 25 janvier, Europe-info, "Ce que j’attends de 2012 : les Européens et l’Europe méritent plus de respect".
Lire en françaisLire en anglaisLire en allemand.

 

Nouvel obs 19 janvier, Nouvel Obs, "Les agences de notation diabolisées... parce qu'elles dérangent ?" Treizième article de Sylvie Goulard tendant à réhabiliter le rôle des agences de notation Lire.

 

arte 17 janvier, ARTE, Sylvie Goulard intervient dans l'émission Thema, dans le cadre d'un débat sur la crise de l'euro. Regarder.

 

euobserver 12 janvier, EUobserver, Sylvie Goulard explicite l'enjeu des eurobonds. Regarder.

 

Nouvel obs 12 janvier, Nouvel Obs, "Hongrie ou "l’Europe qui protège"... les tyrans ?" Douzième article de Sylvie Goulard visant à "décrypter" les enjeux de la campagne présidentielle. Lire.

 

11 janvier, Les Cahiers Croire, "L'Europe, une espérance", interview avec Sylvie Goulard. Lire.

 

 

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