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Chronique universelle – conférence de Necla Kelek au lycée Henri IV – 22 janvier 2010
Condorcet et Voltaire auraient aimé : il y avait quelque chose de fascinant et d’émouvant à voir 200 jeunes Français suspendus aux lèvres d’une femme vantant, à Paris, en allemand, l’amour de la liberté. 200 jeunes entendant sans doute pour la première fois un plaidoyer d’une telle fraîcheur, d’une telle vigueur en faveur d’une conception exigeante de la citoyenneté où chaque individu est maître de sa vie et responsable de sa destinée. 200 jeunes appelés par une musulmane, au nom de la dignité des femmes et de l’égalité, à dénoncer l’archaïsme de « l’islam politique », détourné de ses fins spirituelles pour servir des causes obscures.
La conférence de la sociologue Necla Kelek, au lycée Henri IV vendredi 22 janvier, a dépassé toutes nos espérances. Cette initiative conjointe du Mouvement européen France et de l’association des germanistes du lycée Henri IV a permis de faire sentir à l’auditoire d’étudiants et de lycéens, la proximité des débats sociétaux en France et en Allemagne, notamment en matière d’intégration d’étrangers ou de populations musulmanes nationales tentés par le repli identitaire.
Elle aura surtout permis de louer les bienfaits des règles de droit existant dans nos pays, largement suffisantes pour défendre les citoyens les plus vulnérables contre l’obscurantisme, à condition de ne pas céder à la tentation de la compassion culturaliste : Necla Kelek a appelé au respect des cultures dans ce qu’elles ont de sympathique, la poésie, la musique, la nourriture, les modes de vie mais a invité ces jeunes citoyens à ne jamais tolérer qu’au nom d’une prétendue tolérance, des « sociétés parallèles » se forment où tentent de survivre des citoyens de seconde classe, jeunes filles mariées de force, femmes privées de formation, jeunes gens condamnés à jouer les « grands frères » (parfois jusqu’à l’horreur de l’assassinat rebaptisé « crime d’honneur »). Elle invite simplement à leur appliquer la loi, égale pour tous, sans excuse tirée de leur milieu d’origine. Et Necla Kelek de passer des remarques les plus profondes à des constats de bon sens, comme quand elle pourfend la justification du voile et autres burkas par le désir de « protéger les femmes » : au lieu de couvrir le visage des femmes pour les préserver des pulsions sexuelles masculines, il appartient aux hommes de veiller à la maîtrise de leur propre corps. Et tel doit être le but de l’éducation pour qu’hommes et femmes vivent ensemble en harmonie.
Bien préparés par leurs professeurs, les étudiants de prépa de plusieurs lycées parisiens, et quelques lycéens d’Henri IV, ont pu échanger avec Necla en VO. A la fin de la conférence, le dialogue s’est prolongé autour d’un verre sans que la passion du débat ne retombe !
Nous n’avions pas choisi la date à dessein mais c’était un beau jour pour rappeler le traité de l’Elysée et la fécondité des réflexions croisées franco-allemandes…
Le texte complet de l’intervention de Necla Kelek.
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