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Chronique de Strasbourg 17 au 20 mai 2010

La session plénière du mois de mai a été largement placée sous le signe de la crise financière. Certes, le Parlement n'a pas de pouvoirs opérationnels dans la gestion de crise mais en plénière, le Commissaire aux affaires financières, Olli Rehn, et la présidence espagnole sont venus exposer les décisions exceptionnelles de ces dernières semaines. L'Euro a été en péril.

Pour lire le discours d'Olli Rehn en anglais cliquez ici et pour l'intervention de Guy Verhofstadt cliquez ici.

 

J'ai moi même pu prendre la parole, dans les termes suivants :

"Merci Monsieur le Président,

Tout d'abord je voudrais adresser mes remerciements à Monsieur le Commissaire Rehn et à la Présidence espagnole ainsi qu'aux autres responsables européens pour leur travail de ces dernières semaines, dans la tourmente.

Pendant cette période, plusieurs évolutions impensables peu de temps auparavant, ont eu lieu. Des verrous ont sauté. Continuez dans ce sens.

A la Présidence, je voudrais demander de refuser d'associer son nom à une "stratégie 2020" inefficace, calquée sur la stratégie de Lisbonne qui a échoué et nous en voyons les conséquences, en Grèce par exemple, qui souffre d'un défaut de compétitivité. La coordination ne suffit pas ; nous avons besoin de procédures communautaires, comme Guy Verhofstadt vient de le rappeler. De même, sur la supervision financière, vous avez une occasion unique d'avancer. Le Parlement a fait des propositions ambitieuses ; ne cédez pas à ceux qui, au Conseil, jouent contre la régulation, au détriment de l'intérêt général européen.

A la Commission, je souhaite apporter notre soutien pour la décision courageuse de proposer que les budgets nationaux soient examinés en commun avant leur adoption par les Parlements nationaux. Nous avons une monnaie en commun ; les choix budgétaires doivent être débattus en amont mais cette proposition ouvre une brèche pour tous les popul istes et eurosceptiques qui vont encore accuser "Bruxelles" de s'immiscer dans les affaires "intérieures" des Etats.

A ce sujet, je note que les Parlements nationaux n'ont pas toujours donné l'exemple du respect des traités mais aussi des intérêts nationaux de long terme, en votant, des années durant, des budgets en déficit."


En commission ECON, Madame Salgado, Ministre espagnole de l'économie et des finances, est venue dialoguer avec les députés. Elle a exposé le détail des décisions prises par les gouvernements européens entre le 11 février et le 9 / 10 mai.


De l'ensemble de ces débats, on peut retenir que :
L'Union a fini par réagir, tard et c'est regrettable, mais les obstacles qui s'élevaient sur le chemin n'étaient pas mineurs.

A cet égard, si la Chancelière allemande n'a peut-être pas réalisé assez tôt quel est le rythme des marchés, si elle a sans doute aggravé le coût de sauvetage par ses atermoiements, elle n'avait guère de marge de manœuvre non plus. Il lui fallait une certaine "dramatisation."

L'immense majorité des Allemands sont hostiles au principe même d'une aide à un pays qui n'a pas respecté ses engagements et a même falsifié ses comptes. Lors de la création de l'Euro, des assurances avaient été données au peuple allemand qui renonçait au deutschemark. Elles n'ont pas été remplies. En cas de recours, la Cour Constitutionnelle fédérale interpréterait sans doute strictement l'article 125 du traité interdisant expressément ce type de sauvetage.

En France - où l'on n'a guère montré d'engagement européen quand il s'agissait de respecter le pacte de stabilité, la position allemande a souvent été caricaturée, ou du moins mal comprise. Si l'on peut déplorer le ton outrancier de certains médias allemands, le reflexe germanique consistant à défendre le respect des traités, ne mérite pas le ton condescendant de certains commentateurs voire de responsables politiques français.

Les autorités françaises ont eu raison d'appeler à des réactions vigoureuses mais la crédibilité de l'Euro à long terme passe par la convergence de nos économies, des réformes structurelles sérieuses et des gains de compétitivité. Ce ne sont pas les Allemands ou les Autrichiens qui le sont trop, ce sont les autres Européens qui ne le sont pas assez.

Les marchés ont ceci en commun avec les requins : ils peuvent être cruels dans leurs agressions mais, comme les squales, ils s'attaquent en général aux organismes déjà affaiblis.

La zone Euro a été une proie de choix parce que, ces dernières années, trop de pays se sont comportés comme s'ils ne partageaient pas la même monnaie :
- déficit et endettement publics excessifs ;
- bulles immobilières et recours excessif au crédit, dans la sphère privée ;
- absence de réformes structurelles et trop faible investissement dans la recherche ;
- divergences en termes de compétitivité.

D'où l'importance de la communication de la Commission, adoptée le 12 mai 2010, prévoyant notamment une discussion en amont des budgets nationaux. Cette proposition a immédiatement donné lieu aux habituelles réactions des eurosceptiques criant à l'irruption de "Bruxelles" dans les processus nationaux.

Mais nous avons impérativement besoin de décider ensemble en mutualisant nos choix économiques fondamentaux. Le traité de Lisbonne a reconnu des droits aux Parlements nationaux ; ceux-ci ont aussi des devoirs : d'échange, de concertation et de respect des traités signés et ratifiés par eux ou par les peuples européens. Nous devons réduire l'endettement, mieux gérer les finances publiques et renouer avec la croissance. Nous devons le faire pour nous et pour nos enfants.

La défense de notre mode de vie, de nos services publics, de nos acquis, est à ce prix.

 

***

 

Les trilogues avec la Présidence espagnole et la Commission sur le paquet de supervision se sont également poursuivis.

A côté des réunions sur les sujets économiques, j'ai aussi eu l'occasion d'intervenir sur des thèmes agricoles, au nom de George Lyon (coordinateur ADLE de la commission AGRI et rapporteur sur la réforme de la PAC après 2013). Il s’agissait d’une réunion entre députés européens de toutes origines et sensibilités, des journalistes et des membres de l'Assemblée Permanente des chambres d'agriculture françaises, organisatrice de cet évènement centré sur l’avenir de la PAC.

Présentant la position du groupe ADLE – ainsi que ma propre impression sur le rapport de George Lyon, j’ai été sensible au fait que l'Assemblée Permanente des chambres d'agriculture françaises soit en partie en phase avec nous. Elle partage notamment mon souci de préserver le revenu agricole, d’aborder la PAC sous un angle stratégique mais aussi, de préserver les programmes européens d'aide aux plus démunis. En cliquant ici, vous pouvez regarder la présentation des chambres d'agriculture françaises.

 

 

 

Compte rendu vidéo des activités principales qui ont eu lieu pendant cette plénière ...

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Agenda

16 mars 2012, Nantes : Intervention dans le cadre du colloque "L'Europe face à la crise" organisé par la chaire de philosophie de l'Europe, à la faculté de droit et de science politique, en présence de Jean-Marc Ferry.

 

16 mars 2012, Saint-Malo : Intervention à la réunion-débat publique organisée par le Comité de soutien Bayrou 2012 sur la place de l'Europe dans la campagne présidentielle de François Bayrou et sur les enjeux économiques de la zone euro.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Le Monde 14 février, Le Monde, "Réconcilier les Européens avec l'Europe" Article co-rédigé par Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, à l'occasion de l'intervention de ce dernier, en session plénière à Strasbourg. Dans le contexte actuel écrivent-ils, l'UE a besoin de plus de démocratie et d'une collaboration plus étroite entre les différentes institutions. Lire.

 

Nouvel obs 7 février, Nouvel Obs, "Merkel/Sarkozy : pourquoi leur connivence partisane est une faute de goût" Seizième article de Sylvie Goulard qui exprime sa réserve vis-à-vis du soutien d'Angela Merkel à l'égard de Nicolas Sarkozy. Lire.

 

Nouvel obs 1er février, Nouvel Obs, "Nouveau traité européen : l’euro vaut bien une messe" Quinzième article de Sylvie Goulard qui décrypte les enjeux du nouvel accord conclu le 30 janvier dernier, par vingt-cinq Etats membres de l'UE, pour renforcer la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Lire.

 

La Croix 2 février, La Croix, "Il manque en France une vraie culture du débat". Lire.

 

31 janvier, Radio Centre Ville Montréal, Interview de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe tient une place centrale dans le projet du Modem. Ecouter à la 0'30.

 

31 janvier, Lo Spazio della Politica, Interview de Sylvie Goulard sur la crise économique et financière. Lire.

 

Nouvel obs 26 janvier, Nouvel Obs, "Présidentielle : plaidoyer pour une élection ouverte sur l’Europe et le monde" Quatorzième article de Sylvie Goulard qui encourage les candidats à l'élection présidentielle à replacer l'Europe au coeur du débat politique. Lire.

 

EuropeInfos 25 janvier, Europe-info, "Ce que j’attends de 2012 : les Européens et l’Europe méritent plus de respect".
Lire en françaisLire en anglaisLire en allemand.

 

Nouvel obs 19 janvier, Nouvel Obs, "Les agences de notation diabolisées... parce qu'elles dérangent ?" Treizième article de Sylvie Goulard tendant à réhabiliter le rôle des agences de notation Lire.

 

arte 17 janvier, ARTE, Sylvie Goulard intervient dans l'émission Thema, dans le cadre d'un débat sur la crise de l'euro. Regarder.

 

euobserver 12 janvier, EUobserver, Sylvie Goulard explicite l'enjeu des eurobonds. Regarder.

 

Nouvel obs 12 janvier, Nouvel Obs, "Hongrie ou "l’Europe qui protège"... les tyrans ?" Douzième article de Sylvie Goulard visant à "décrypter" les enjeux de la campagne présidentielle. Lire.

 

11 janvier, Les Cahiers Croire, "L'Europe, une espérance", interview avec Sylvie Goulard. Lire.

 

 

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