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14 juillet 2010, Chronique de Carnac – un an après…

Il y a un an se tenait la session inaugurale du Parlement européen à Strasbourg. Après tant de découvertes et de voyages, il est bon de souffler un peu et, dans la belle lumière d’un soir breton, de prendre du recul sur l'année écoulée.

 

La première chose qui mérite d’être soulignée est l’intensité de l’activité : les sessions sont nombreuses et souvent, les commissions parlementaires siègent en même temps, ce qui astreint à une course permanente. Il est aussi indispensable de se tenir au courant de ce qui se passe dans la circonscription (13 départements…) mais aussi dans les autres Etats membres voire, sur certains sujets comme la finance, dans des pays tiers importants, je pense notamment aux Etats-Unis. La technicité très grande des dossiers appelle un travail personnel important. Rapporteur d’un texte sur la création d’un comité européen du risque systémique, j’ai aussi reçu et auditionné des dizaines de professionnels, académiques, fonctionnaires et journalistes. La presse doit en effet être informée en permanence pour que les citoyens comprennent mieux les enjeux. Ainsi, tout concourt à engendrer une charge de travail considérable. Cette année d’expérience a conforté mon hostilité au cumul des mandats, cette spécificité française qui nuit tant à notre influence au Parlement Européen1. C’est la raison qui m’a poussée à favoriser une transition en douceur au Mouvement Européen France. Je resterai un membre actif du Bureau du MEF mais Christian Philip, qui a tout ma confiance, a été élu à la Présidence fin juin, ce dont je me réjouis. Je tiens à me consacrer à temps plein à mon mandat de député européen. Ce n’est pas de trop.

 

Aussi ma priorité de cette première année a-t-elle été de m’enraciner au Parlement. Les réputations se forgent vite, la « machine » est complexe. Pour compter, mieux vaut être apprécié non seulement des collègues français mais conquérir ses galons par delà les frontières et prendre rapidement des responsabilités. Il faut savoir écouter les autres parlementaires, comprendre leurs contraintes et leurs buts. Notre grande chance est d’avoir Guy Verhofstadt comme Président de groupe : Premier ministre de la Belgique pendant une décennie, il connaît bien les rouages européens. Doté de convictions fortes et étayées, c’est un leader exceptionnel dont le rayonnement dépasse sa famille politique. Il a beaucoup contribué au succès du Parlement Européen dans la bataille sur le service diplomatique européen ou sur SWIFT. Il suit de près le dossier supervision, ce qui m’a permis de travailler étroitement avec lui.

 

Rétrospectivement, je suis très heureuse du choix de la commission ECON (économie et monnaie) qui, avec la crise de l’euro, s’est trouvée dans l’œil du cyclone. Et, plus encore, je mesure ma responsabilité après avoir été désignée par mes collègues comme coordinateur du groupe ALDE au sein de cette commission. Le coordinateur dialogue avec les autres groupes, distribue les rapports entre les députés, s’exprime comme la voix du groupe sur ces sujets. Peu de « petits nouveaux » ont cette opportunité. Être arrivée au Parlement européen avec des années d’expérience communautaire a grandement facilité mon insertion, par exemple dans mes rapports avec l’équipe de Michel Barnier, Commissaire en charge des services financiers, ou avec les représentations permanentes, qu'elles soient française allemande ou britannique, par exemple. À plusieurs reprises, pendant la coupe du monde où le jeu collectif des Espagnols était vanté par les commentateurs, j’ai pensé à la similitude avec le travail d’équipe au niveau européen. Aucun joueur ne peut gagner seul. Passer la balle compte autant que de marquer le but. Mais encore faut-il occuper le terrain.

 

C’est encore plus vrai à la commission temporaire sur la crise où nous cherchons à tirer les leçons de ce qui s’est passé et à ouvrir des pistes. En marge de ce travail, j’ai été amenée à rencontrer nombre de banquiers, financiers, assureurs et à participer à de nombreux panels. L’un des plus intéressants a consisté, à Rome, à intervenir aux côtés de Giulio Tremonti, Dominique Strauss-Kahn et Mario Monti sur l’investissement de long terme, à l’invitation de la Caisse des dépôts française et de son homologue italienne. Comment diriger l’épargne vers l’investissement durable, la croissance réelle ? Comment éviter le vain jeu de la spéculation, notamment à travers des techniques proches du casino (spéculation à des centièmes de seconde du « fast trading », marchés cachés des dark pools) ? Notre avenir dépend en partie de notre capacité à relever ce défi.

 

En commission AGRI, j’ai noué aussi une relation étroite avec le coordinateur du groupe ALDE, George Lyon, qui a rédigé le premier rapport sur la réforme de la PAC voté la semaine dernière. Ce rapport reprend les préoccupations majeures des agriculteurs de l’Ouest : importance stratégique de l’agriculture, sécurité alimentaire, « biens publics » fournis par les agriculteurs, défense du revenu, maintien du budget de la PAC, environnement et changement climatique. Notre voyage commun en France lui a été utile, je crois, pour mieux percevoir nos visions et contraintes. Le rapport final a été voté à une large majorité en plénière. Il fera date.

 

Voilà pour les premiers dossiers mûrs. L’aventure continue. Une fois bien établie après une année de mandat au Parlement, une fois - j’espère ! - l’énorme dossier de la supervision financière bouclé, je voudrais à la fois creuser ce sillon et retourner plus fréquemment sur le terrain. Le littoral a été cruellement frappé. La crise continue à toucher des populations nombreuses. Déjà de nombreux groupes de jeunes ou de professionnels sont venus me voir à Bruxelles et Strasbourg, découvrant la réalité parlementaire, la diversité linguistique et politique de l’UE. Je suis toujours émue devant l’engagement de certains enseignants qui arrivent avec des groupes de jeunes motivés et bien préparés. Je garde un bon souvenir de mes échanges avec les banquiers de terrain qui m’ont tenue au courant de la crise telle qu'elle est « vécue ».

 

Le groupe de mes correspondants m’a aidée à maintenir le lien avec l’Ouest ; ils travailleront encore à mes côtés et je les en remercie, comme je remercie mes collaborateurs Heather, Sylvain, Stéphane qui m’épaulent avec efficacité. Bonnes vacances à tous !

 

1 Voir l’étude de la Fondation Schuman « L'influence des eurodéputés français au Parlement européen : état des lieux un an après les élections européennes » parue ces jours-ci, de Thierry Chopin et Camille Lépinay.

 
 

Agenda

6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Nouvel obs 16 mai, 2012, Nouvel Obs, "Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.

 

Le Monde15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.

 

BFM 9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.

 

Le Monde10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.

 

La Croix 7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.

 

La Croix 7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.

 

4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.

 

4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.

 

Libération 3 mai 2012, Libération, "La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.

 

La Croix

3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.

 

3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã

Francia diretta Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.

 

Nouvel obs 30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.

 

Nouvel obs 24 avril, Nouvel Obs, "Sarkozy ou Hollande peuvent-ils réconcilier les Français avec l'Europe ?" Vingt-cinquième contribution de Sylvie Goulard qui expose la tâche urgente du prochain Président de la République : assainir les finances publiques, restaurer la compétitivité nationale tout en permettant à l'Europe de renouer avec ses objectifs initiaux de prospérité, d'emploi et de bien être des populations. Lire.

 

16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.

 

Financial times 19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.

 

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