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Chronique de Bruxelles du 21 au 24 mars 2011
I am not convinced !
Lundi 21 mars : Dialogue monétaire avec le Président de la BCE, Jean-Claude Trichet
Lors d’un échange avec Jean-Claude Trichet en commission ECON, nous avons pu évoquer les eurobonds. De manière assez prévisible, M. Trichet a rappelé l’opposition de la Banque centrale. Il a notamment utilisé l’argument tiré de l’impossibilité, en l’absence d’union politique, de mettre la dette des Etats membres en commun. Passant sous silence le fait que, selon les modalités techniques retenues, cette « mise en commun » pourrait être plus ou moins dangereuse, il a fait une réponse assez convenue.
Je lui ai rappelé que si les pères fondateurs de l’euro – dont il était l’un des plus grands conseillers- avaient suivi un raisonnement aussi orthodoxe…la monnaie unique n’aurait pas vu le jour.
Et qui a proposé l’an dernier dans Le Monde une « fédération budgétaire » ? (31 mai 2010). Quel que soit mon respect pour Jean-Claude Trichet, je ne laisserai pas tomber. C’est une bataille de longue haleine.
Mardi 22 mars, Bruegel La guerre de 100 ans est-elle terminée ?
J’ai commencé la journée en participant à un débat avec un Britannique, Malcom Levitt, organisé par le 'think-tank' Bruegel. Nous avions une discussion vive sur le City de Londres, l'impact des nouvelles autorités de supervision sur le City et les relations entre les institutions européennes et Londres et le secteur banquier.
Spinelli fantôme
Le même jour s’est tenu le premier 'conseil européen fantôme' du groupe Spinelli, avant le Conseil européen du 24 au 25 mars. Notre réunion a eu lieu dans la très belle Bibliothèque Solvay. Le comité directeur du Spinelli a débattu des 3 sujets qui occupent l’actualité :
- Economie avec la publication de notre « plan d'action européen pour l'avenir » qui cherche à apporter une réponse d’ensemble à la crise ;
- Affaires étrangères : la gestion, par les gouvernements nationaux, de la réponse européenne à la révolution en cours dans le monde arabe est assez catastrophique : violation des obligations de concertation, anémie de notre Haute représentante, cavaliers seuls... Quand on pense que ce sont les mêmes gouvernants qui se sont battus pour négocier le traité de Lisbonne. Oublieuse mémoire...
- Energie : les défis énergétiques après Fukushima. Cliquer ici pour les conclusions du 'conseil européen fantôme' et la revue de presse.
Mercredi 23 mars Le droit et le tordu
Parmi plusieurs réunions sur le paquet 'gouvernance économique' aujourd'hui j'ai participé, avec les autres rapporteurs du paquet, à un workshop organisé par la direction générale de la communication du Parlement européen sur le paquet 'gouvernance économique' pour les journalistes basés à Bruxelles et les journalistes économistes des Etats membres. Je trouve cette initiative excellente : pour mieux expliquer notre travail et l'importance du rôle du Parlement européen dans la procédure législative, il faut que nous discutions en profondeur avec des journalistes.
La mini-session plénière commençait à Bruxelles pendant l'après-midi. Avant le vote sur un texte très important concernant un changement du traité lié au mécanisme de stabilité pour la zone euro j'ai pris la parole au vol dans la plénière concernant le « retour » douteux de M. Hortefeux au Parlement européen.
La question est épineuse car la loi française permet aux ministres ayant été élus députés de reprendre leur siège quand ils perdent leur maroquin ; mais cette loi a manifestement été conçue pour les députés nationaux, élus au scrutin uninominal.
La règle européenne prévoit en revanche qu’on n’a occupé son siège que si l’on était présent à la séance inaugurale ; le 14 juillet 2009, M. Hortefeux n’a pas été présent. Il n’a donc aucun siège à «retrouver». Faire démissionner la personne suivante sur la liste pour «récupérer» un siège qu’on n’a jamais occupé, voilà qui est tordu. Et naturellement, c’est une femme qui a été priée de s’écarter gentiment... Comme la parité est utile !
Ce sont ces pratiques qui discréditent la classe politique, surtout quand, durant la campagne, l’intéressé a multiplié les déclarations affirmant qu’il ne voulait pas siéger au Parlement européen. Ceux qui en doutent pourront relire les papiers du Figaro (11 juin 2009 par exemple).Les mandats ne sont pas à la disposition de ceux qui les exercent. Ils sont au service du peuple.
D’où mon intervention :
"Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec l'idée qu'il faille attendre les résultats de l'analyse juridique. Je voudrais simplement dire une chose, c'est que, dans notre pays, les extrémistes montent et que c'est sans doute parce qu'une partie de la classe politique considère les mandats et les postes comme étant à sa disposition. De la part de la France, on attend un peu plus, surtout s'agissant du Parlement qui a son siège à Strasbourg."
Dans cette affaire, avec un Front national qui fait ses choux gras des abus des partis traditionnels, notre pays ne se grandit pas.
Jeudi 24 mars Après la crise financière, quel avenir pour l’UE ?
Après une matinée de votes à Bruxelles, je suis partie à Paris où j'avais le plaisir d'intervenir à côté de Monsieur de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France, ancien directeur général du FMI, à une conférence pour des étudiants de classes préparatoire sur l'avenir de l'Europe après la crise financière. Expliquer l’Europe à des jeunes, dans des lycées prestigieux ou dans des cités, c’est peut-être la partie la plus utile de notre activité…J’aimerais avoir le temps de le faire encore plus souvent. Et je suis ravie que Jacques de Larosière ait pu éclairer ces élèves très attentifs.
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