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Chronique de Bruxelles du 14 au 16 juin,

Mardi 14 juin: Audition de Monsieur Draghi, candidat à la présidence de la Banque Centrale Européenne

En tant que coordinatrice ALDE et rapporteur du Comité Européen du Risque Systémique (CERS), j'ai eu la chance de poser deux questions à Mario Draghi, lors de son audition en ECON.

Ma première question concernait la Banque Centrale Européenne : "Monsieur le Gouverneur, au nom du groupe ALDE, bienvenue au Parlement européen. Vous êtes appelé, à un moment difficile, à vous mettre au service de l'intérêt général européen. Votre désignation marquera, si elle est confirmée, une victoire de l'esprit européen sur les logiques nationales. Vous avez été attaqué, notamment dans la presse allemande, pour votre nationalité. Pour que vous soyez acceptable, on vous a "germanisé". Tout en rendant hommage à l'Allemagne, dont les traditions de stabilité monétaire et d'indépendance de la banque centrale allemande ont inspiré la gouvernance de l'euro, nous souhaitons un Président impartial qui se tienne au centre du jeu, entre Nord et Sud. Comment ferez-vous respecter les règles communes sans céder aux pressions des uns aujourd'hui, d'autres demain peut être? Concrètement, comment prévoyez-vous de communiquer avec le grand public dans toute sa diversité ?"

Mario Draghi a confirmé toute l'importance qu'il accorde à la stabilité des prix, au-delà de toute considération nationale. Il s'est dit responsable vis-à-vis de tous les citoyens européens et pas seulement ceux d'un seul pays.


Ma deuxième question a porté sur les risques systémiques (European Systemic Risk Board)

"L'an dernier, comme vous le savez bien étant Président du Financial Stability Board (au niveau global), le Parlement européen a mené une grande bataille législative pour sauvegarder le cœur des propositions de la Commission, basées sur le rapport de M. de Larosière, tendant à mettre en place une supervision financière, macro et micro, authentiquement européenne.

L'adoption d'un "single rule book" (ensemble règlementaire unique) et d'une supervision unifiée sur la base de ce single rule book sont au cœur de ce dispositif. C'est notamment le Parlement européen qui a obtenu que le Président du CERS soit le Président de la Banque Centrale Européenne, avec un objectif stratégique, placer ce réseau comportant à la fois le CERS, les trois autorités sectorielles et les superviseurs nationaux, sous les auspices d'une autorité supranationale incontestée. Au-delà du "staff support" (apport en personnel fournis par la BCE) que vous avez mentionné en introduction, vous avez un rôle à jouer en tant que Président du Comité européen du risque systémique. L'idée que le single rule book devrait se limiter à une harmonisation maximale d'obligations minimales ("maximum harmonisation of minimal requirements") est un contre-sens qui va à l'encontre de la volonté exprimée par le législateur, qui je le rappelle, a consisté en une majorité de plus de 80% du Parlement européen et l'unanimité du Conseil.

Pouvez-vous prendre l'engagement devant nous, aujourd'hui, que le CERS n'acceptera pas le combat d'arrière-garde des superviseurs nationaux, consistant à miner la supervision européenne ? Vu la violence de la crise que nous avons traversée, c'est le moins que nous puissions offrir aux citoyens."


Monsieur Draghi a tout d'abord confirmé que le rapport de Larosière était un bon compromis bien que peu ambitieux. Il a ensuite souligné la nécessité d'une collaboration devant être accompagnée d'une véritable transparence et crédibilité entre les différents acteurs.

Interrogé sur son passage en tant que Vice-Président pour l'Europe dans la banque d'investissement américaine Goldman Sachs, Monsieur Draghi a nié toute participation dans la gestion des dettes souveraines.


Jusqu'à nouvel ordre, aucune preuve concrète n'a pu être apportée pour prouver son implication directe dans la vente de produits dérivés à la Grèce. Mario Draghi a réaffirmé son innocence : sa contribution fut antérieure aux dérives connues ; il n'a nullement été impliqué à l'affaire. Son travail a seulement concerné le secteur privé et non la gestion des dettes souveraines.

Le caractère "global" et diversifié de son expérience peut finalement se révéler utile afin de suspendre les secteurs bancaires mais aussi d'enrichir sa position à la Banque Centrale Européenne.


Monsieur Draghi s'est révélé très compétent pendant l'audition. Son expérience diverse et globale devrait être très utile à la tête de la BCE pendant cette période difficile pour l'Europe et l'Euro.

 
 

Agenda

6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Nouvel obs 16 mai, 2012, Nouvel Obs, "Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.

 

Le Monde15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.

 

BFM 9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.

 

Le Monde10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.

 

La Croix 7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.

 

La Croix 7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.

 

4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.

 

4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.

 

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3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.

 

3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã

Francia diretta Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.

 

Nouvel obs 30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.

 

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16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.

 

Financial times 19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.

 

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