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UNE EQUIPE QUI GAGNE, 25 juin2010

Christian Philip a été élu le 25 juin à la tête du Mouvement européen France, pour me succéder. Il n’était pas évident de quitter la présidence d’une association à laquelle notre équipe a consacré tant d’énergie, depuis 2006. Mais je tenais à rester cohérente avec ma conviction que le MEF gagne à avoir un Président issu de la société civile. Et le mandat de députée européenne est trop prenant pour cumuler les deux charges. Mon seul souci était d’organiser une transition de qualité. Aujourd’hui, je suis rassurée ; le MEF est en de bonnes mains : tous ceux qui connaissent Christian ont apprécié sa capacité à travailler en équipe, sa rigueur, son engagement européen.

Grâce à tous ceux qui se sont mobilisés, la continuité est assurée et je m’en félicite : Denis Badré, Dany Cohn-Bendit, Les Jeunes Européens (notamment Pierre-Jean, Nicolas, Jessica, Marie-Pierre) sans parler de notre trésorier Philippe Arraou ont apporté leur soutien à Christian Philip. Nous verrons comment celui-ci organisera finalement le travail. Il a proposé des innovations opérationnelles qui me paraissent avisées.

Dans les régions, l’appui à l’équipe sortante, massif m’a beaucoup touchée : Patrice Bolo, Yves Clément, Catherine Comte-Deleuze, Louis Jourdan, Jean-Charles Leygues, Philippe Metzenthin et Pierre-Marie Thobois, et bien d’autres, se sont impliqués pour défendre nos idées et ramener un peu de sérénité dans cette campagne. Dans le même temps, et c’est bien, le passage de relais marque un renouveau : Fabienne Keller, sénatrice UMP et de Catherine Guy-Quint, ancienne député européenne PS nous rejoignent. Deux femmes de conviction, respectées au-delà de leur camp, vont enrichir le MEF sur le plan humain.

Je remercie aussi Jean-Luc Sauron, membre de l’équipe sortante, qui a appelé finalement à voter pour Christian.

Bonne chance à la nouvelle équipe ! Bonne chance au MEF

Ci-dessous, ma dernière intervention comme Présidente du MEF, lors du conseil national.

Sylvie Goulard Présidente du MEF Intervention au conseil national électif du 25 juin

Après deux mandats à la tête de notre Mouvement, je voudrais livrer au Conseil national quelques réflexions tirées de l’expérience – sur l’Europe, sur la société civile, et sur le travail en réseau que nous avons mené et doit être poursuivi. Je voudrais aussi vous dire merci pour ces années passées ensemble.

1. Sur l’EUROPE

Il est bon de temps à autre, de mesurer le chemin parcouru. Après près de 4 ans, où en sommes-nous ? Durant cette période, la perspective d’une Europe fédérale, loin d’être une utopie distante, a repris du sens. En 2006, lorsque vous m’avez fait confiance, nous étions au lendemain du référendum négatif ; le climat maussade de cette période avait motivé ma candidature à la tête de notre Mouvement. Le fédéralisme semblait en perte de vitesse. Depuis, deux évolutions majeures se sont produites.

D’abord, le Traité de Lisbonne est entré en vigueur ; ce n’est certes pas un chef d’œuvre mais nous sommes sortis de l’ornière. Il contient des éléments positifs. L’UE à 27 a amélioré ses règles de fonctionnement. Les pouvoirs du Parlement européen ont été accrus, et nous en voyons déjà les effets sur des dossiers comme l’accord SWIFT de transferts de données personnelles aux Etats-Unis ou le service d’action extérieure ou encore la supervision financière. Le Conseil doit désormais compter avec les élus du peuple européen. Bientôt, nous aurons également en nos mains l’outil des « initiatives citoyennes » ; enfin, sans entrer dans le détail, des compétences nouvelles existent (en matière d’énergie par exemple et j’en profite pour remercier Louis Jourdan pour le travail accompli sur ce sujet et le beau débat d’avant-hier, même si je n’ai pas pu y participer).

Comme l’a dit en plénière au PE cette semaine M. van Rompuy, nous devons veiller à nous réjouir des réalisations européennes et à en mesurer la portée. Trop souvent les pro- européens réclament « plus » sans réaliser ce que contiennent les traités existants, sans les faire vivre. Pour nous fédéralistes, ce rappel est particulièrement important : notre idéal nous porte loin mais nous devons participer activement aux phases intermédiaires, et assurer - autant que possible - le succès de l’UE si imparfaite soit-elle. Cela suppose de pratiquer une critique sans complaisance mais constructive. L’engagement européen, c’est le refus de la facilité, la prise en compte du réel non pour se résigner mais pour avancer avec les pieds sur terre. Tous ceux qui critiquent à l’emporte-pièce l’existant, fût-ce par idéalisme sincère, ne rendent pas forcément service à notre cause.

L’autre évènement majeur intervenu depuis 2006 est la crise financière qui a démarré à l’été 2007, s’est aggravée en 2008/ 2009 - et je repense à l’exposé lucide que nous avait fait Etienne Pflimlin à l’automne 2007, et qui est devenue, ces derniers mois, une crise de l’Euro, une crise de la gouvernance européenne.

Cette crise démontre mieux qu’aucun panel sur la « méthode communautaire » n’aurait pu le faire, les limites de la dérive intergouvernementale que connaît l’UE depuis une vingtaine d’années. La simple coordination des politiques des Etats ne suffit pas qu’il s’agisse de surveillance mutuelle des politiques économiques, de contrôle des statistiques ou de la mise en œuvre des réformes structurelles. Ainsi, la crise grecque est née, en parti du moins de trois facteurs :

(1) l’absence de rigueur des gouvernements dans l’application du pacte de stabilité et de croissance ; les failles du contrôle mutuel au sein du conseil Ecofin et de l’eurogroupe sont avérées. France et Allemagne n’ont pas été les derniers « pécheurs » ;

(2) le refus de doter à Eurostat des prérogatives communautaires; à cet égard, les gouvernants ont pris un risque considérable puisqu’ils promettaient aux citoyens une grande rigueur (notamment en Allemagne avec le slogan 3, zéro %) sans donner à l’UE les moyens de vérifier les chiffres ; à force de diaboliser la «bureaucratie bruxelloise », à force de miner le crédit de la Commission, les gouvernements se sont privés d’une analyse indépendante et fiable et donc des moyens objectifs de défendre leurs propres intérêts ;

(3) Enfin, l’incapacité intergouvernementale à traduire dans les faits les objectifs justes de la « stratégie de Lisbonne » (investissement dans la recherche, l’innovation, l’éducation, réformes des marchés du travail etc). La Grèce a souffert d’une perte de compétitivité liée à un manque d’investissement, des carences dans le recouvrement des impôts, une corruption endémique, des rigidités dans le marché du travail. Des procédures communautaires plus rigoureuses de contrôle du respect de la stratégie de Lisbonne, auraient peut-être permis d’éviter en partie ces dérives.

Pendant ces 4 ans, cette équipe n’a jamais abandonné son attachement à l’intégration européenne, mettant les actes en accord avec les discours : ainsi, je suis particulièrement fière d’avoir innové en faisant appel, pour la première fois dans l’histoire du MEF, à des collaborateurs issus d’autres Etats membres : nos deux secrétaires générales, Laura Dagg venue d’Irlande et Lisa Heldwein, d’Allemagne ou encore Dominika Rutkowska, Polonaise. Dany Cohn Bendit ou Mario Nava ont enrichi le Bureau de leur regard extérieur. Le MEF a été présent, de manière régulière, dans les médias non francophones où se joue une grande partie de notre influence. Les opérations comme celle que nous avons menée avec l’université Bocconi et le Corriere della sera (Economie et société ouverte) ou encore les trois éditions des Etats généraux ont été inspirées par le même souci de ne pas rester entre Français.

Ceci posé, l’incantation ne suffira pas à avancer ; nous devons avoir aussi conscience que des forces contraires sont à l’œuvre, puissantes et même menaçantes (nationalisme, séparatisme, égoïsmes). Ma seule certitude, c’est que nous portons un magnifique message de paix, de coopération, de respect mutuel, difficile à mettre en œuvre mais juste. Nous ne devons pas nous laisser placer sur la défensive.

A cet égard, je quitte la présidence du MEF mais je ne m’éloigne sûrement pas de notre cause. Mes convictions européennes sont intactes, quelles que soient les difficultés.

2. La société civile

Une autre de mes convictions n’a pas changé depuis 2006. Par rapport aux années 40, date de création de notre Mouvement, la société française a profondément évolué. Le nombre de bacheliers est passé de moins de 10 % à près de 70 %. Internet a révolutionné la communication ; les femmes votent et travaillent. La demande de participation à la vie civique et démocratique est croissante même s’il est difficile de la cerner. Pour y répondre sans céder à la démagogie de la démocratie directe ou instantanée, à coups de sondages et de « com », la seule manière de procéder est de respecter l’autonomie de la société civile, de la traiter comme un partenaire à part entière.

Les associations ne demandent pas un strapontin à la table des politiques ; leur notoriété, elles peuvent la créer elles-mêmes, « bottom up » par leur travail, par le maillage local, par une présence dynamique et de qualité sur le net.

Les liaisons entre la capitale et la plupart des régions sont rapides et l’essor de grandes métropoles économiques et universitaires relativise le concept ancien de « province ». Le temps des notables, le temps de la supériorité parisienne sont révolus. L’heure est à une interaction entre égaux, entre politiques et société civile, régions et Paris, sans supériorité d’aucune partie sur l’autre.

Il est temps qu’en France, comme c’est le cas dans de nombreux pays de l’Union européenne, la société civile s’émancipe de la tutelle politique et même de celle de l’Etat.

Notre mouvement sert une cause politique mais il la sert d’autant mieux qu’il n’est pas « marqué » politiquement : le MEF gagne à :

- rester à l’écart des joutes partisanes

- à être entre les mains d’une équipe pluraliste car c’est le seul moyen d’incarner et de faire vivre effectivement la coopération de sensibilités, au service d’une même cause.

Pendant 4 ans, je me suis employée – et ce n’est jamais facile - à garder le MEF au-dessus des partis. Des grandes figures de tous bords se sont exprimées pour nous. Et nos sections font vivre cette diversité au niveau local. Pendant la campagne européenne de 2009 et depuis, je me suis gardée de participer aux joutes politiciennes de politique intérieure. Je suis fière aujourd’hui, car la confiance ne se décrète pas, d’avoir reçu les pouvoirs de trois élus qui n’appartiennent pas à ma famille politique : Najat Vallaud-Belkacem, élue PS de Rhône-Alpes ; Bernard Poignant ancien député européen PS, maire de Quimper ; Jean-Paul Gauzes, député du groupe PPE du PE (UMP) ; si nous n’avions pas su faire vivre ce pluralisme, cela n’aurait pas été le cas. Et je suis fière aussi que les Verts, cette famille très fédéraliste du Parlement européen, aient rejoint le MEF sous ma présidence et que Dany Cohn-Bendit aient été présents à plusieurs de nos grandes manifestations, à Hec, à Rennes, à Lyon. Je salue aussi Monica Frassoni, Présidente des Verts européens qui a rendu hommage à notre action.

Enfin, je répète que personne ne m’obligeait à partir ; je l’ai fait librement parce que je crois au nécessaire renouvellement des équipes. Et parce que je suis personnellement hostile au cumul des mandats qui constitue, à mon sens, une fâcheuse « exception française ».

Ce cumul prive les milieux politiques français de sang neuf, il ralentit l’arrivée de femmes, de jeunes et de personnalités issues de l’immigration. J’y vois une manière assez archaïque de faire de la politique et - si vous me permettez cette pique – sans doute assez masculine : il y a une grande prétention à vouloir tout cumuler, à se prétendre capable de tout faire sans se soucier notamment des conséquences en termes de vie familiale. Et en définitive, une manière assez choquante de retirer la gloire liée à de nombreux titres ou mandats tout…en laissant la réalité du boulot à d’autres, les collaborateurs notamment. J’ai trop de respect pour Pauline Gessant, notre secrétaire générale qui a déjà fourni un travail remarquable et que je remercie infiniment, pour entrer dans ce jeu. Le MEF a besoin d’un Président qui s’y consacre. L’équipe a besoin d’un leader disponible.

Enfin, le refus de cumuler est aussi une question de respect pour mes électeurs ; en juin 2009, ils m’ont accordé leur confiance ; je me verrais mal leur dire que je n’ai pas l’intention d’exercer mon mandat électif à temps plein. La tâche d’un député, si on est en charge de rapports importants et de responsabilités internes au PE – c'est-à-dire si on veut y exercer de l’influence - est exaltante mais très lourde.

3. Un travail en réseau à poursuivre

Enfin, et ce sera ma troisième réflexion, depuis 4 ans, nous avons énormément travaillé à nouer des relations avec d’autres partenaires pour ne pas défendre l’Europe avec un esprit de chapelle mais bâtir des réseaux, démultiplier notre influence.

Avec d’autres associations : les EGE ont été portés par une collaboration pas toujours simple mais très féconde avec Notre Europe, le think tank créé par Jacques Delors ainsi qu’ Europanova ; au-delà des 3 associations fondatrices, les EGE ont aussi permis de travailler avec un réseau dense de plus de cent associations pro-européennes ou à vocation sociale, environnementale, culturelle ; c’est un acquis précieux. Idem avec les Maisons de l’Europe, notamment à Paris mais aussi Confrontations, la fondation Schuman ou le CAFECS.

Avec des collectivités locales : les EGE et les universités d’automne ont été organisées avec des partenaires locaux (pour les EGE je remercie notamment l’effort des collectivités alsaciennes à tous niveaux). De nombreuses sections ont aussi des liens étroits avec les autorités locales.

Avec des Syndicats : je suis tout particulièrement fière d’avoir pu faire venir au Bureau du MEF les syndicats CFDT avec l’appui de Marcel Grignard pour qui j’ai beaucoup d’estime mais aussi, plus récemment grâce à l’entregent d’Yves Clément, de la CFTC. L’engagement de Pierre-Marie Thobois avec l’UNIOPSS complète ces efforts. Vous vous souvenez sûrement que le Comité d'action pour les Etats-Unis d’Europe de Monnet comptait, aux côtés d’hommes politiques, des syndicalistes.

Enfin, un mot pour un travail accompli avec les entreprises. Outre la coopération avec le MEDEF - et je remercie Jérôme Bédier de sa confiance - pour nos petits déjeuners « Réalités européennes » qui touchent un public diversifié et professionnel, nous avons coopéré étroitement avec le Crédit mutuel mais aussi RTE, Pernod Ricard, GDF Suez, Véolia etc.

Avec tous, nous avons noué des relations d’une nature nouvelle : plus interactives, plus exigeantes aussi, avec des prestations de fond en contrepartie de leurs soutiens. Des projets innovants, conçus ensemble en sont nés. Ainsi, j’ai été particulièrement heureuse d’obtenir le concours de la fondation Solidarités SNCF pour financer des voyages en Europe pour des jeunes défavorisés ; Lisa Heldwein avait beaucoup travaillé à un concept censé faire travailler toute une équipe enseignante et leurs élèves en amont et en aval de ces voyages. Après un lycée de la banlieue de Dijon, cette année, ce sont des jeunes défavorisés d’Aubervilliers qui ont pu partir à la découverte de Bruxelles, Berlin, Madrid etc. Ils ont même, pour cause d’éruption du volcan islandais, vécu une vraie aventure…

Je salue aussi encore une fois le travail fait par Jean-Louis Gasquet dans ses visites à des jeunes emprisonnés. Cette inflexion vers de nouveaux publics défavorisés, a priori éloignés de l’UE est aussi une innovation de ces dernières années, modeste à ce stade, mais vraiment nécessaire. Elle devra être poursuivie.

De même, je tiens à renouveler mes remerciements à la Caisse des dépôts et consignations qui m’a donné l’occasion, le 17 juin dernier de participer à une journée organisée avec la Cassa depositi e prestiti italienne et divers partenaires internationaux, à Rome. Certains se sont étonnés de mon absence au débat de Ville d’Avray le 17 juin dernier mais je m’ étais engagée à prendre la parole dans un panel comptant notamment Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, le ministre italien Giulio Tremonti et Mario Monti. Ce dernier a eu l’amitié d’évoquer non seulement mon mandat au PE mais aussi le MEF. J’étais heureuse que notre Mouvement soit évoqué dans une telle rencontre internationale, dans un pays où l’engagement européen reste très apprécié. Plus l’Europe se construit, plus elle devient complexe, plus la compétence et le travail comptent.

Nous avons fait ce travail. Nos groupes de réflexion sur l’Euro, sur l’énergie, sur la globalisation, récemment sur l’Europe que nous voulons, nos expositions mobiles sur l’abolition de la peine de mort ou encore sur les 50 ans du traité de Rome,, le livret citoyen qui rencontre un franc succès, nous ont permis de décliner notre message. Europe midi connaît un franc succès, comme auparavant le Oui à L’Europe de Francis Fontaine. Je suis aussi heureuse d’honorer sa mémoire en vous annonçant que sa « Mondialisation pour les Nuls », inachevée lors de son décès, est sorti cette semaine, avec notre concours. Quiconque a connu la virulence anti-européenne de certains courants altermondialistes pendant le référendum de 2005, se félicitera que cet ouvrage reflète plutôt des vues pro-européennes.

*

En conclusion, je voudrais vous adresser mes remerciements.

On peut toujours faire mieux, c’est vrai. Mais comme dit Jean-Paul Gauzes, pétri de sagesse normande, il y a les « parleux » et les « faiseux ». En d’autres termes, il y a ceux qui promettent et ceux qui font. Il est toujours facile de promettre la lune, plus difficile d’agir, en se heurtant aux réalités. Sur le bilan de l’équipe sortante, j’admets toutes les critiques mais elles ont plus de portée quand elles sont formulées en tenant compte de nos moyens - limités - et dans un esprit constructif. Le bénévolat mérite du respect.

Bref, les cimetières étant pleins de personnes irremplaçables, je ne me considère pas irremplaçable ; je crois aux équipes, aux transitions, au passage de relais.

Je salue nos permanents salariés aussi qui sont si dévoués à notre cause. Permettez-moi de les remercier un par un, Nicole, notre comptable, Charles, chargé des sections qui est toujours d’une patience et d’une courtoisie impressionnantes, Dominika, si bien adaptée à la France et qui a tant fait pour nos liens avec les entreprises notamment, Rachel qui a pris en charge la mise en page de nos brochures et enfin Pauline, adorable, efficace, tout simplement indispensable !

Un immense MERCI pour ce que nous avons vécu ensemble.

Ce fut surtout une GRANDE EXPERIENCE HUMAINE ; peu d’associations sont aussi riches, combinant implantation locale et nécessité de visibilité à Paris, dimension européenne et internationale, liens avec le secteur privé et la politique. Le job n’est pas évident qui consiste au quotidien à vendre un sujet considéré comme peu porteur et gérer une PME.

Je garde un grand souvenir ému des soirées sur le terrain : devant 25 personnes sous la pluie à Annecy ou 500 à Pau quand Philippe avait rempli, pour ma venue, 2 amphis de l’école de commerce ! Je me revois sous la neige à Rennes comme au printemps à Besançon, à l’université populaire d’Henri Oberdorff à Grenoble ou dégustant un bon cassoulet à Toulouse !

Merci à ceux qui ont créé de nouvelles sections (encore cette semaine dans l’Essonne) mais aussi ceux qui ont fait le travail, moins spectaculaire mais si utile, de creuser un sillon antérieur ou de remonter une structure chancelante (Dijon, Toulouse).

Je me souviendrai des émissions sur les radios locales, à Angoulême, avec Patrick Ballet, que je salue, ou à Nice.

Je me souviendrai des universités d’automne et des instants d’émotion :

- à Rennes quand Robert Badinter et Denis Staunton, correspondant du Irish Times à Washington ont parlé des exécutions capitales auxquelles ils ont assisté et de leur engagement pour l’abolition de la peine de mort, valeur européenne.

- à Nice, quand Georges Berthoin a évoqué Jean Monnet et les débuts de la CECA.

- A Strasbourg quand les maires du district transfrontière ont témoigné de ce que l’Europe a apporté à l’Alsace au Baden-Württemberg si longtemps meurtris par les guerres. Je me souviendrai des grèves à répétition qui ont pimenté toutes nos grandes rencontres… et encore hier. Et de la folie qui consistait, avec nos moyens limités, à inviter un Président de la République en exercice, le Président Napolitano à Lyon.

Nous avons décidément vécu de grands moments ensemble.

Je remercie aussi les membres du Bureau dont certains ont été particulièrement engagés Denis Badré, si présent et fidèle, si généreux avec le Mouvement, Philippe Arraou chargé des tâches ingrates de la trésorerie et la gestion de ressources trop rares, Christian Philip bien sûr et d’autres encore que je ne peux citer tous mais qui ont ma gratitude.

Je voudrais faire une MENTION spéciale pour les Jeunes Européens avec lesquelles la coopération a été efficace et confiante. La présence de Jessica dans les organes du MEI et au Bureau, l’excellent travail de Pauline comme secrétaire générale ne sont que le reflet de tout le travail accompli, notamment sous le leadership de Nicolas Jean et maintenant de Pierre-Jean Verrando.

Nos associations membres ont été associées comme jamais auparavant aux grands évènements du MEF. Je pense notamment à l’AFCCRE et salue ici le soutien constant du ministre Louis Le Pensec et de son équipe. Lors des premiers Etats généraux, alors que nous étions dans le brouillard de l’improvisation mais désireux de réussir une rencontre grand public, ils y ont cru, ils ont dit présents et ont toujours été là par la suite, incarnant le lien avec les collectivités locales. De même pour la Ligue de coopération économique, l’ARRI, le BILD, l’UEF, l’AEDE et toutes celles qui nous ont épaulés.

*

Pour finir, une ultime remarque en forme de clin d’œil. Je suis ravie que cette campagne ait révélé, dans ce Mouvement et autour, une réserve d’énergie insoupçonnée ! Quel festival n’avons-nous pas vu ces dernières semaines : des mails quotidiens, tant d’idées d’un coup, tant d’engagement, tant de bonne volonté !!! Et nous qui, avec Pauline, avons si souvent eu du mal à trouver des personnes prêtes à travailler et à s’engager ! En voilà une bonne nouvelle… je me réjouirais qu’il reste quelque chose de ce grand élan.

Car au MEF, il y a beaucoup à faire, surtout pour ceux qui acceptent de se mettre au service des autres.

 
 

Agenda

6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Nouvel obs 16 mai, 2012, Nouvel Obs, "Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.

 

Le Monde15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.

 

BFM 9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.

 

Le Monde10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.

 

La Croix 7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.

 

La Croix 7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.

 

4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.

 

4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.

 

Libération 3 mai 2012, Libération, "La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.

 

La Croix

3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.

 

3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã

Francia diretta Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.

 

Nouvel obs 30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.

 

Nouvel obs 24 avril, Nouvel Obs, "Sarkozy ou Hollande peuvent-ils réconcilier les Français avec l'Europe ?" Vingt-cinquième contribution de Sylvie Goulard qui expose la tâche urgente du prochain Président de la République : assainir les finances publiques, restaurer la compétitivité nationale tout en permettant à l'Europe de renouer avec ses objectifs initiaux de prospérité, d'emploi et de bien être des populations. Lire.

 

16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.

 

Financial times 19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.

 

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