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L'Europe pour les Nuls, Editions First, mars 2007
Attention ! Les « nuls », ne sont pas ceux qu’on pense !
Les « Nuls » ne sont notamment pas les citoyens ordinaires qui ont du mal à comprendre l’Europe. Ce sont plutôt ceux qui ont échoué à leur expliquer à quel point l’aventure communautaire est extraordinaire. Ou qui, par une action à courte vue, la torpillent sans vergogne.
Ce livre souhaite parler de l’Europe de manière claire et accessible, sans jargon et même, chaque fois que c’est possible, en riant un peu. Il n’est pas destiné aux spécialistes mais aux Européens curieux de savoir de quoi il retourne à Bruxelles. L’enthousiasme des citoyens n’est pas un luxe, mais la condition d’un succès durable de l’Union. Sans les Européens, il n’y aura pas d’Europe qui vaille.
Comment ce livre est organisé La matière étant complexe, nous avons pris le parti d’un plan qui soit aussi simple que possible.
Première partie : Une si longue histoire L’Europe pour les Nuls commence par expliquer l’histoire de la Communauté européenne – devenue Union – afin de bien faire comprendre qu’elle rompt avec les pratiques antérieures. Tel est l’objet de la première partie qui retrace même la genèse de l’idée européenne avant l’Europe. L’idée de tenter de bâtir une organisation permettant de mettre fin aux guerres remonte vraisemblablement à l’époque des guerres de religion (« le grand dessein » de Sully). Elle a été approfondie par de grands esprits européens comme le philosophe allemand Emmanuel Kant ou Victor Hugo. L’histoire communautaire proprement dite ne débute qu’après la Seconde Guerre mondiale. Au fil des chapitres, en compagnie de Jean Monnet, du général de Gaulle, de Valéry Giscard d’Estaing, d’Helmut Kohl, le lecteur comprendra en quoi les Communautés sont une idée révolutionnaire et suivra, de 1950 à aujourd’hui, toutes les étapes de cette construction, ses avancées comme ses échecs.
Deuxième partie : Les principes de l’Europe, une révolution douce
La seconde partie est la plus importante. Elle explique les principes sur lesquels est fondée l’Europe. Les Européens la trouvent souvent compliquée mais on ne leur a pas donné la clé pour la comprendre. Les fondateurs ont inventé une nouvelle méthode de coopération qui requiert des efforts particuliers : - privilégier l’intérêt européen commun ; - rejeter le nationalisme ; - respecter un équilibre entre pays peuplés (dits les « grands ») et Etats moins peuplés (les « petits »). Cette méthode repose sur des institutions originales (voir partie 3) et le vote majoritaire pour prendre des décisions.
Cette méthode a fait ses preuves mais certains croient pouvoir la remplacer par une simple coopération des gouvernements. Chassée par la porte dans les années 1950, elle est revenue par la fenêtre depuis le traité de Maastricht, à travers la « politique étrangère commune » ou la « méthode ouverte de coordination », aux noms ronflants et aux résultats piteux.
Troisième partie : Les institutions, une autre logique Une fois l’éclairage fait, nous pouvons mettre les mains dans le cambouis et regarder le « meccano des institutions » : à quoi servent le Parlement (qui représente les peuples) ou le Conseil (qui représente les États) ? Qu’est-ce que cette Commission chauve-souris, mi-gouvernement, mi-cercle d’experts ? Où en est-on après le rejet du traité constitutionnel et les incertitudes sur le traité de Lisbonne ? Sur les pouvoirs mais aussi sur les contre-pouvoirs (les lobbies, la presse, les Églises, les syndicats européens), vous saurez tout.
Quatrième partie : Les politiques ou que fait, pour vous, l’Union européenne ? Alors, dans une quatrième partie, nous pourrons décrire tout ce que l’Union européenne fait pour vous, ce qu’on appelle ses « politiques » : - le Marché unique et ses quatre libertés de circulation ; - la politique agricole commune, la politique de la pêche, ou de préservation de l’environnement ; - la politique étrangère - la police et la justice et même… l’Europe des trains, pour revenir à nos plus beaux souvenirs d’enfance.
Cinquième partie : Les défis de demain, les raisons d’espérer Enfin, nous réfléchirons ensemble aux défis auxquels l’Union européenne sera confrontée à l’avenir : la question de ses frontières, d’une éventuelle avant-garde ou des moyens financiers et institutionnels de l’Union. Nous terminerons en nous interrogeant sur la place de la France en Europe.
Sixième partie : La partie des dix Dans cette dernière partie, bien connue des habitués de la collection, nous rendrons hommage à dix personnalités qui ont fait l’Europe, dix grands acteurs incontournables. Nous passerons également en revue dix clichés pour tordre une dernière fois le cou aux préjugés.
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Cet ouvrage ne cache pas les misères : tout n’est pas parfait en Europe, loin de là. L’Union européenne manque d’âme, d’épaisseur humaine. Et beaucoup reste à faire pour qu’elle mérite son nom. Dans ce contexte, la critique est salutaire, mais nous essaierons de la pratiquer de manière constructive. Car l’Europe est vulnérable. Et rares sont ceux qui en ont conscience. Le poil à gratter contestataire, bon enfant en apparence, fait en réalité des dégâts considérables : deux minutes suffisent pour faire jouer les ressorts du nationalisme. Cinq cents pages sont nécessaires pour tenter d’expliquer l’Europe.
Ce livre ne dissimule pas non plus la complexité de la matière : dans l’UE, nous tentons de faire vivre ensemble, dans un cadre politique organisé, des centaines de millions d’individus de cultures diverses, ayant vécu des expériences différentes. Comme l’a écrit Jean Monnet en exergue de ses Mémoires, « nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes ».
Naturelle, la coopération européenne ne l’est assurément pas. La plus grande pente des êtres humains, c’est celle de la facilité et de l’égoïsme. L’euroscepticisme fleurit sur le terreau de l’ignorance et du repli sur soi. Il manipule d’autant mieux les esprits qu’une place immense est laissée aux fantasmes et aux approximations.
Aux jeunes, nul n’explique son extraordinaire parcours, ses vertus. Les contraintes qu’elle impose et les devoirs qu’elle crée sont minimisés. Sur la plupart des chaînes de télévision, il est rarement question de l’Europe : la politique intérieure – quand ce ne sont pas les chats écrasés – occupe l’essentiel du temps d’antenne. L’Europe est une idée géniale de moins en moins spectaculaire. La paix n’est pas photogénique, il n’y a pas de « people » communautaires pour animer la scène de leurs frasques. La manière dont les politiques font l’Europe aujourd’hui, à coups d’accords laborieux et de chamailleries, n’a pas le souffle des premières années. Les grands Européens s’en sont allés, emportant avec eux la joie des pionniers. Restent les experts de gris vêtus avec lesquels il est bien difficile de faire de l’Audimat.
La crise financière qui a ébranlé le monde en 2008 est cependant venue nous rappeler quelques vérités. Isolément, nos pays ne pèsent plus grand-chose sur la scène mondiale. Unis, les Européens sont plus forts. Dans la tourmente, certaines critiques paraissent bien mesquines. Il n’est pas mauvais d’avoir une banque centrale indépendante, respectée, qui discute d’égale à égale avec la Federal Reserve américaine ou les institutions financières des pays émergents. Il n’est pas mauvais non plus d’avoir une monnaie commune et un marché régulé qui, par sa taille, force le respect. Durant la présidence française de l’Union européenne au 2ème semestre 2008, l’UE s’est réveillée de sa torpeur. Le Président Sarkozy a su faire preuve de réactivité et a contribué à ce que des solutions collectives soient recherchées à l’échelle mondiale. A lui seul, ce sursaut ne suffira sûrement pas à remettre durablement l’UE sur les rails mais, devant les enjeux globaux, les Européens feraient bien de mesurer leur chance et de serrer les rangs. Le Parlement européen qui sera élu en juin 2009 aura la tâche immense de consolider le plus grand espoir démocratique qui existe au monde. L’heure de l’Europe a sonné.

L’Europe pour les Nuls, nouvelle édition. Editions First, avril 2009.
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