Chroniques
Articles et interviews
Livres
Eu=MC2
 

Le Grand Turc et la république de Venise, Fayard 2004.

Avant-propos de Robert Badinter, Paris, Fayard, 2004. Cet ouvrage a été couronné par le Prix du livre pour l’Europe 2005. Nouvelle édition octobre 2005.

 

Le titre est tiré de l’Avare de Molière où un personnage féminin, sur un ton de défi, prétend pouvoir marier le Grand Turc et la République de Venise, symboles de deux entités incompatibles.

Il renvoie aussi au déclin de la république de Venise qui n’a pas su s’allier aux autres Etats italiens afin de répondre à la « globalisation » des grandes découvertes.

Le livre comporte un avant propos de Robert Badinter, Sénateur, ancien Garde des sceaux, ancien Président du Conseil constitutionnel.

 

Introduction

• Le désarroi des opinions publiques et des élites européennes a été sensible lors des élections européennes de juin 2004 marquées par un fort taux d’abstention. En France, tout particulièrement, il y a une immense frustration sur la manière dont a été décidé l’élargissement aux Dix.

• La question de l’adhésion turque est perçue comme un « secret de famille » honteux : personne n’a su ce qui avait été décidé à Helsinki en 99 ; les gouvernements n’ont rien expliqué et cherchent parfois à gagner du temps ; la plupart des responsables tiennent un double langage. Pour le peuple, « on nous cache quelque chose »

 

Chapitre 1er : Entre promesses et non dits

• Retour en arrière sur la pseudo « promesse » ; les différences entre 1963 et aujourd’hui (de la CEE à l’UE ; guerre froide terminée) ; il y a « changement fondamental de circonstances » ;

• La justification par la « géostratégie » post 11 septembre (à la Fischer) est fragile : la subsidiarité doit commander la prudence car in fine, ce seront les Etats et les collectivités locales qui devront assumer les conséquences de l’entrée de la Turquie dans l’UE (intégration scolaire, hôpitaux, égalité hommes femmes) ; grosses difficultés de nos sociétés à intégrer les musulmans. Ou alors refus scandaleux de leur reconnaître la libre circulation qui est l’une des 4 libertés du traité de Rome ; on ne vend plus l’UE mais une coquille vide.

Chapitre 2 : La démocratie bafouée

• L’UE ne peut pas prétendre « exporter » la démocratie sans la respecter elle même. La procédure suivie est non démocratique : la Commission rend un rapport dit technique, sous la responsabilité d’un Commissaire qui ne cache pas où il veut arriver. Ensuite, le Conseil européen ouvre les négociations sans décision préalable des peuples européens. In fine, le traité d’adhésion sera présenté comme « à prendre ou à laisser » et de préférence à prendre, sinon ce sera de nouveau la menace odieuse du « choc des civilisations ». C’est faire l’Europe en jouant seulement sur la culpabilité des citoyens européens ; ce temps est révolu.

• En France Jean-Marie Le Pen, en 2002, a été au deuxième tour des élections présidentielles, il ne faut pas jouer avec le feu : faire une adhésion turque « en douce », sans débat, c’est courir le risque de précipiter vers les extrêmes des gens qui se sentent légitimement mal informés. Différence majeure entre la France et l’Allemagne de ce point de vue. La convergence franco-allemande, sur la Turquie, est fragile car en France, seul Jacques Chirac y croit, pas même l’ensemble de l’UMP. Le PS est partagé.

 

Chapitre 3 Contre le choc des civilisations ?

• L’UE n’a pas à prouver qu’elle n’est pas un club chrétien ; la question religieuse ne doit jouer, ni dans le sens de l’exclusion (l’UE est neutre et comporte des millions de musulmans, juifs, athées etc), ni dans le sens de l’adhésion forcée (cette adhésion ne règlera pas tous nos problèmes avec l’islam). La Turquie n’est pas tout l’islam ; il y a le problème des pays comme le Maroc (modéré, et tentant des réformes courageuses pour les femmes par exemple). Grosses difficultés prévisibles en France avec le Maghreb ou alors, la seule alternative est l’élargissement sans fin…

• L’UE c’est la chrétienté + les Lumières (et le judaïsme + les Lumières) ; l’islam n’a pas fait ce parcours ; les inexactitudes abondent sur la « laïcité turque » alors qu’Etat et religion ne sont pas séparés dans ce pays. Commission et Etats membres sont trop laxistes sur ce sujet : pour paraphraser François Mitterrand, les persécutions sont en Turquie, les scrupules en Occident (voir le rapport de la Commission 2003) ; idem sur le génocide arménien : refus scandaleux de regarder le passé.

• La question des femmes est objectivement considérée comme secondaire par la plupart des analystes, Commission comprise (rapport 2003) ; pourtant le rapport 2004 d’Amnesty international est horrifiant ; il faut débattre de la question de la laïcité dans l’UE (thème vital pour la France). Qui se reconnaîtrait en Mme Erdogan, voilée, en visite d’Etat dans un autre Etat membre ?

 

Chapitre 4 Quand les moyens font défaut

• Absence de réforme institutionnelle préalable ; exacerbation de la différence grands / petits ; perte de confiance dans les institutions dominées par un pays difficile à assimiler ; cela freinera le passage au Vote à la Majoritée Qualifiée ; fin de l’Union politique
• Absence de financement à la hauteur des prétentions de « stabilisation »
• Corruption de la Turquie : 77 ème rang de Transparency international (chiffres 2004)

 

Chapitre 5 La France au secours de l’UE

• Appel à la crise, déclenchée par la France pour sauver une certaine conception de l’UE, d’ici décembre 2004 (date à laquelle la décision doit être prise par le Conseil européen de poursuivre le processus menant à l’adhésion).
• Nécessité de décider de manière souveraine / USA ; l’ingérence de George W Bush à Istanbul était intolérable.


Conclusion : L’UE est à un moment clé de son destin ; comme la République de Venise, opulente, elle peut disparaître, faute d’avoir réagi à la « globalisation » de son temps, faute d’avoir su bâtir des coopérations avec les villes voisines. La question dépasse largement celle de l’adhésion turque : c’est la survie de l’UE communautaire qui est en jeu.

Une version mise à jour et complétée est sortie en 2005.

 

 

Caricature parue dans le journal suisse germanophone Tagesanzeiger en décembre 2004, illustrant les difficultés du gouvernement Raffarin en raison du débat sur la Turquie, nourri par mon livre Le Grand Turc et la république de Venise

Retour
 
 

Agenda

16 mars 2012, Nantes : Intervention dans le cadre du colloque "L'Europe face à la crise" organisé par la chaire de philosophie de l'Europe, à la faculté de droit et de science politique, en présence de Jean-Marc Ferry.

 

16 mars 2012, Saint-Malo : Intervention à la réunion-débat publique organisée par le Comité de soutien Bayrou 2012 sur la place de l'Europe dans la campagne présidentielle de François Bayrou et sur les enjeux économiques de la zone euro.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Le Monde 14 février, Le Monde, "Réconcilier les Européens avec l'Europe" Article co-rédigé par Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, à l'occasion de l'intervention de ce dernier, en session plénière à Strasbourg. Dans le contexte actuel écrivent-ils, l'UE a besoin de plus de démocratie et d'une collaboration plus étroite entre les différentes institutions. Lire.

 

Nouvel obs 7 février, Nouvel Obs, "Merkel/Sarkozy : pourquoi leur connivence partisane est une faute de goût" Seizième article de Sylvie Goulard qui exprime sa réserve vis-à-vis du soutien d'Angela Merkel à l'égard de Nicolas Sarkozy. Lire.

 

Nouvel obs 1er février, Nouvel Obs, "Nouveau traité européen : l’euro vaut bien une messe" Quinzième article de Sylvie Goulard qui décrypte les enjeux du nouvel accord conclu le 30 janvier dernier, par vingt-cinq Etats membres de l'UE, pour renforcer la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Lire.

 

La Croix 2 février, La Croix, "Il manque en France une vraie culture du débat". Lire.

 

31 janvier, Radio Centre Ville Montréal, Interview de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe tient une place centrale dans le projet du Modem. Ecouter à la 0'30.

 

31 janvier, Lo Spazio della Politica, Interview de Sylvie Goulard sur la crise économique et financière. Lire.

 

Nouvel obs 26 janvier, Nouvel Obs, "Présidentielle : plaidoyer pour une élection ouverte sur l’Europe et le monde" Quatorzième article de Sylvie Goulard qui encourage les candidats à l'élection présidentielle à replacer l'Europe au coeur du débat politique. Lire.

 

EuropeInfos 25 janvier, Europe-info, "Ce que j’attends de 2012 : les Européens et l’Europe méritent plus de respect".
Lire en françaisLire en anglaisLire en allemand.

 

Nouvel obs 19 janvier, Nouvel Obs, "Les agences de notation diabolisées... parce qu'elles dérangent ?" Treizième article de Sylvie Goulard tendant à réhabiliter le rôle des agences de notation Lire.

 

arte 17 janvier, ARTE, Sylvie Goulard intervient dans l'émission Thema, dans le cadre d'un débat sur la crise de l'euro. Regarder.

 

euobserver 12 janvier, EUobserver, Sylvie Goulard explicite l'enjeu des eurobonds. Regarder.

 

Nouvel obs 12 janvier, Nouvel Obs, "Hongrie ou "l’Europe qui protège"... les tyrans ?" Douzième article de Sylvie Goulard visant à "décrypter" les enjeux de la campagne présidentielle. Lire.

 

11 janvier, Les Cahiers Croire, "L'Europe, une espérance", interview avec Sylvie Goulard. Lire.

 

 

Subscription



Recevoir en HTML

ADLE/ALDE