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Le 26 mars 2009, Si les citoyens savaient

Cette fois-ci, la campagne a vraiment démarré. Le jour anniversaire de la signature des traités de Rome – le 25 mars - nous nous sommes rendus avec Bruno Joncour à Poitiers et à Nantes . Le but : nous présenter à la presse et rencontrer les militants des deux régions Poitou-Charentes et Pays de la Loire. La veille, le conseil national du Modem a avalisé les listes qui seront rendues publiques, au niveau national, d’ici quelques jours. Elisabeth Delorme, Laurent Gérault, Anne Péan, Olivier Deschanel, Agnes Roy-Bernard sont déjà à nos côtés. Une belle palette d’engagement et de talents !

Dans les deux villes, un accueil chaleureux et le même constat : il faut expliquer et parler d’Europe. Les électeurs n’ont pas conscience de l’enjeu de ces élections. Ils savent peu de choses du Parlement européen.

Comme pour faire écho à nos interrogations, ce matin, Ferdinando Riccardi, l’un des journalistes les plus chevronnés de Bruxelles, éditorialiste de l’Agence Europe, une agence de presse plurilingue très appréciée dans les cercles européens, a écrit un éditorial sur ce sujet.

On ne saurait mieux dire les choses. Il m’a permis de reproduire son éditorial. Et je l’en remercie. Puissent les militants du Modem mais aussi les journalistes, les rédactions, les élus de la région s’emparer du sujet et faire en sorte que nos concitoyens prennent conscience de l’importance de ce scrutin.

Si les Français n’envoient pas à Strasbourg des députés compétents, responsables, capables de travailler avec leurs collègues des autres pays, c’est l’influence de la France dans cette instance qui déclinera et l’influence de l’Europe dans le monde qui sera amoindrie.

 

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
par Ferdinando Riccardi:

Faire connaître aux citoyens les pouvoirs réels du Parlement européen

Si les citoyens savaient… Le Parlement européen a de plus en plus de poids et de responsabilités dans l'élaboration et l'approbation de la législation communautaire. Dans la perspective de sa prochaine élection, il faudrait attirer l'attention du public sur cet aspect au moins autant que sur les batailles doctrinaires. Les doctrines, les gens les connaissent. Chaque électeur sait à peu près ce que signifie voter à gauche plutôt qu'à droite, pour les souverainistes ou pour les fédéralistes. Si les citoyens ne sont pas passionnés par les élections européennes, c'est parce qu'ils ne voient pas ce que fait le PE, quels sont en fait ses pouvoirs. Ils ignorent à quel point le PE influence, par ses votes et ses délibérations, leur vie de tous les jours.
On parle de progrès de l'Europe intergouvernementale, dans laquelle seuls les États ont vraiment du poids, alors que la plupart des décisions sont déjà prises en codécision entre le PE et le Conseil et que ce régime se développera encore avec le Traité de Lisbonne. Ce n'est pas de la théorie, c'est la vie de tous les jours. Les opinions publiques sont restées en grande partie à l'époque où pour elles les décisions étaient prises par les « institutions de Bruxelles », pas mieux définies. Et le Parlement faisait surtout du bavardage. À Bruxelles, on a décidé que… Cette formule subsiste, dans la presse et ailleurs, et pour les citoyens le mot Bruxelles signifie quelque chose d'éloigné, les bureaucrates bruxellois étant encore plus insaisissables et abstraits que les bureaucraties nationales. Il y a certes du vrai dans cette sensation, mais de moins en moins ; et c'est une image que l'on devrait s'efforcer de modifier ; les élections européennes devraient représenter une occasion pour commencer à le faire, si elles sont correctement présentées.
Le PE décide presque autant que le Conseil européen. Les considérations qui précèdent peuvent donner l'impression d'un exposé théorique. Essayons alors de les lier à des événements d'actualité.
Les orientations ou décisions prises à la fin de la semaine dernière par le Conseil européen pour faire face à la crise économique et financière sont en large partie subordonnées aux débats et aux votes de Parlement, même si les organes d'information n'en ont pas fait état. Le déblocage des 5 milliards d'euros du budget de l'UE qui financeront notamment des projets énergétiques doit être approuvé par le Parlement, qui demandera sans doute des modifications. Les actes législatifs qui doivent concrétiser la réforme de la réglementation financière doivent faire l'objet d'un accord Parlement/Conseil. Le paragraphe 4 des conclusions du Conseil européen cite explicitement les textes qui doivent être approuvés d'urgence en codécision: agences de notation, solvabilité des compagnies d'assurance, exigences de fonds propres des banques, paiements transfrontaliers. La commission compétente du PE vient d'approuver, à une très large majorité, l'élément le plus attendu, celui relatif aux agences de notation, en demandant que celles-ci soient obligées à se conformer dans les six mois aux nouvelles règles ; la négociation avec le Conseil pour définir en détail une réglementation efficace et vraiment européenne à ce sujet commencera dès mardi prochain. En même temps, le Parlement et le Conseil sont parvenus à un accord sur la nouvelle phase de la création d'un marché énergétique unifié, celle concernant l'électricité et le gaz.
Un contexte ignoré. Les quelques exemples indiqués (on pourrait en citer bien d'autres) se situent dans un cadre général où 60% de la législation européenne est approuvée en codécision entre le Parlement et le Conseil, et ce pourcentage deviendra 90% avec le Traité de Lisbonne. L'UE confidentielle et bureaucratique disparaît. Qui n'irait pas voter, si les citoyens savaient à quel point le contenu des lois qui détermineront largement leur vie quotidienne dépendra de leur choix électoral ?
En plus d'être législateur, le PE vote le budget communautaire (il peut le rejeter), il peut renverser la Commission ou en déterminer la composition en rejetant l'un ou l'autre commissaire. Qui sait que la réglementation des produits chimiques (REACH) est en grande partie l'œuvre du PE ? Que le paquet Énergie/Climat, qui déterminera la politique européenne et peut-être mondiale en ces domaines, est le fruit d'une âpre négociation PE/Conseil, avec la médiation de la Commission ? Qui est conscient du fait que les principaux problèmes auxquels les gens sont confrontés ne peuvent avoir qu'une solution européenne ?
En fait, d'après un sondage récent, à peine un citoyen sur quatre sait que le nouveau Parlement européen sera élu d'ici deux mois. Les autres, soit n'en savent rien, soit ne voient que les bagarres liées à la composition des listes, et ils voteront - s'ils votent - sur la base de critères et motivations purement nationaux.
On devrait parler davantage des pouvoirs du PE et un peu moins décrier les institutions.
(F.R.) Copyright (Agence Europe)

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Agenda

7 février 2012, Paris, Participation au débat "Les catholiques et la politique", animé par le P. François BOËDEC et Antoine D’ABBUNDO, rédacteur en chef à Pèlerin, en présence d'Etienne PINTE, député des Yvelines, François SOULAGE, président du Secours catholique et Monique BAUJARD, directrice du service national Famille et société de la Conférence des évêques de France. Plus d'info.

 

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