Chroniques européennes du large N°31
5 juin 2009 (soir)
Pour ceux qui rêvent d’Europe, même s’ils ne lui donnent pas ce nom…
Il était debout, seul, place Tiananmen, devant un char d’assaut. Il demandait la démocratie. Vous l’avez. Dimanche, pour lui et pour les Chinois qui aspirent à la liberté, allez voter.
Il est noir à la tête d’un pays qui a exploité les esclaves. Il incarne la force de la démocratie. Pour les Américains qui ont élu le Président Obama, décidés à bâtir un monde meilleur, allez voter.
Ils sont deux peuples qui se disputent une terre sainte. La guerre détruit la démocratie. Pour les Palestiniens et les Israéliens qui désespèrent que la paix puisse jamais advenir entre anciens ennemis, allez voter.
Il a grandi dans le Reich allemand qui, en 1940 l’a fait prisonnier ; il a représenté la Moselle à l’Assemblée nationale pour s’y faire traiter de « boche ». Il nous a légué l’Europe unie. Pour la mémoire de Robert Schuman, allez voter.
Elles sont privées de droits. Exclues des écoles, on les marie de force, elles meurent encore en couches. On les lapide. Sans la moitié de l’humanité, il n’y a pas de démocratie. Pour les femmes humiliées, allez voter.
Ils voudraient manger à leur faim, soigner leurs enfants, aller et venir. Ils voudraient avoir moins peur. Pour tous ceux qui rêvent d’Europe, même s’ils ne lui donnent pas ce nom, allez voter.
Pour les Européens qui ne rêvent plus d’Europe parce qu’ils s’en sentent exclus, qu’ils soient chômeurs, jeunes sans formation, personnes âgées isolées, pour tous ceux que l’Union européenne a laissés sur le bord du chemin, oubliant qu’elle était née « Communauté », allez voter.
Pour la planète en danger, pour les ours polaires et les grands arbres tropicaux. Pour les oiseaux menacés, comme l’outarde canepetière*. Pour les abeilles décimées par la folie des hommes, pour l’Océan qui baigne nos côtes, si fort, si fragilisé, allez voter.
Pour nos enfants dont l’avenir dépend de l’unité européenne, allez voter.
Allez voter Orange, c’est plus acidulé, c’est plein de vitamines.
Sylvie Goulard
* Une espèce pas très connue, j’admets. C’est un petit clin d’œil à mon équipe qui m’a appris beaucoup de choses durant cette campagne et que je remercie.
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