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Campagne MEF 2006, Ma profession de fois txt02

Le 18 octobre 2006

Elections à la Présidence du Mouvement Européen
Profession de foi

Avant tout, l’Europe

Les pro-européens marchent aujourd’hui sur une ligne de crête : comme l’affirme l’article 1er de nos statuts, nous entendons « contribuer à la réalisation d’une Union politique à caractère fédéral ». Qu’est-ce que cela signifie en 2006, dans une Europe à 25, bientôt 27 ?

Ces dernières années, l’UE a beaucoup changé. Il est heureux qu’elle ait accueilli les pays d’Europe centrale et orientale meurtris par l’Histoire. Nous devrions nous réjouir de partager avec eux la paix, la prospérité et la démocratie. Mais au moment même où les anciens Etats membres auraient dû redoubler d’efforts pour réussir cette extraordinaire entreprise, ils se sont essoufflés. Ils n’ont pas bien préparé l’élargissement : c’est le traité de Nice, cote mal taillée, fruit de débats sans envergure, qui doit nous tenir lieu de règle commune à 27.

En 2005, la France et les Pays-Bas ont rejeté le traité constitutionnel. L’Union européenne traverse une crise dont l’issue est, à ce jour, incertaine. C’est grave. Or la vie politique continue comme si rien ne s’était passé.

Après ce tremblement de terre, l’Europe est sous le choc, le Mouvement européen aussi. La réflexion reste embryonnaire, disparate ; l’élan fait défaut. Allons-nous contempler les ruines de l’Europe politique sans nous ressaisir ? Ou nous résigner ? Un peu de régulation, un peu de droits de l’homme étendus à tous nos voisins, et tant pis si la Commission est paralysée, le Conseil impuissant et les citoyens désabusés ! Voilà le credo à la mode qui s’accommode trop aisément du décès de l’Union politique.

Les militants du Mouvement européen n’ont aucune raison d’abandonner leurs ambitions pour l’Europe et encore moins d’entrer dans les compromis tactiques qui font les délices des partis. La plus grande pente ne mène pas à l’Europe politique. Si nous voulons que celle-ci voie le jour, l’aiguillon des citoyens, notre aiguillon, est indispensable.

Il est donc temps que le Mouvement européen fasse de nouveau entendre sa voix, avec force, en toute indépendance. Porter des initiatives audacieuses quelles que soient les équipes au pouvoir, travailler avec tous en bonne intelligence mais sans complaisance, sans rien céder sur l’idéal communautaire, voilà comment je conçois sa mission.

En défrichant de nouveaux horizons, il sera permis de retrouver l’enthousiasme et de le communiquer. Subventions et soutiens privés ne dépendent pas seulement du travail de relations publiques du Président, si important soit-il. Ils continueront d’aller au Mouvement si nos actions, notre dynamisme le justifient. Le ministère des affaires européennes y veille, en toute impartialité.
Un Mouvement pluraliste, une élection pluraliste

Nos statuts ont été modifiés l’an dernier ; une élection pluraliste est désormais prévue. Nous pouvons rendre hommage à l’équipe actuelle d’avoir joué le jeu de la démocratie. Reste à la faire vivre. L’alternance viendra au gré des scrutins quand le Conseil national le décidera. Elle ne peut être préjugée, ni organisée.

Plus fondamentalement, il n’y a pas un projet européen de « droite » et un projet européen de « gauche » entre lesquels il faudrait combiner un roulement. Il n’y a qu’un projet européen à porter ensemble. Sur l’essentiel, un consensus existe qui transcende heureusement tous les partis modérés qu’ils soient de gauche, de droite ou du centre. Le traité constitutionnel cherchait à refléter cet équilibre, celui de « l’économie sociale de marché » dans laquelle l’émulation de la libre entreprise et la solidarité se renforcent mutuellement.

L’enjeu est de rassembler nos efforts pour combattre les nationalistes de tous bords (gauche révolutionnaire et droite souverainiste).

Les dossiers à ouvrir d’urgence au sein du Mouvement ne sont ni de droite, ni de gauche. Ils appellent l’action d’une équipe pluraliste ayant le courage de « monter au créneau » sur des sujets qui fâchent. J’en citerai quelques uns :
- L’UE sert-elle encore à quelque chose dans le monde global ? Pourquoi par exemple, l’Euro n’a-t-il donné lieu à aucune politique économique commune digne de ce nom ? A aucune représentation externe conjointe au FMI et dans les instances internationales ?
- Le projet d’une Union politique, celui du MEF, est-il compatible avec les élargissements programmés ? Si oui, pourquoi les responsables qui font des promesses n’ont-ils jamais décrit les solutions institutionnelles et financières qui rendraient enfin cette hypothèse crédible ?
- Comment faire en sorte que les avancées du traité constitutionnel ne soient pas perdues ? Suffit-il à créer une Union politique à la mesure des enjeux de la planète ? Ou doit-il être complété ? Une avant-garde peut-elle redonner le nécessaire élan ?

Sur ces points (et bien d’autres), les militants attendent des réponses claires, élaborées dans un dialogue entre les instances parisiennes et les sections locales.

Nous n’avons aucune raison de douter de notre projet européen consistant à vouloir bâtir l’Union politique. La méthode communautaire est moins dépassée que méconnue ou dévoyée. Le fait qu’elle n’ait pas le vent en poupe aujourd’hui ou que l’UE ait des difficultés, ne change rien à ses mérites qui, tôt ou tard, seront redécouverts. Ses immenses réalisations, son exemplarité à l’échelle mondiale doivent nous inciter à garder confiance, même au milieu de la tempête. Là où la méthode communautaire est correctement mise en œuvre (Euro politique commerciale par ex), l’Europe existe aux yeux du monde extérieur.

Le Mouvement européen doit opter pour un positionnement plus dynamique, plus offensif ; il doit être capable de redonner courage à ceux qui ont voté oui et de redevenir attractif pour les déçus de l’Europe.

 


Quelques objectifs concrets pour le MEF


1. Redonner la parole aux militants. L’une des forces du Mouvement est son implantation régionale. A l’heure actuelle, le dialogue Paris / régions est notoirement insuffisant. Une nouvelle équipe pourrait commencer par faire une tournée de toutes les sections afin de dresser un programme d’action qui tienne compte des désirs et des ressources de terrain (en fonction de leur localisation géographique, du profil des militants, de l’existence d’écoles d’enseignement supérieur ou d’universités, de l’ouverture des élus locaux etc).

2. Rassembler, en dépassant les appartenances partisanes, les Européens de droite, de gauche et du centre ; un bureau pluraliste, comportant des élus de tous bords, des experts et diverses personnalités continuerait à en être la garantie. De nombreuses associations œuvrent également pour l’Europe en ordre dispersé ; il serait utile d’accroître les occasions d’échanger et d’agir ensemble. Il serait également important de toucher de nouveaux publics et de reconquérir les égarés du dernier referendum.

3. Redevenir la « conscience européenne » de la France (ou… « son poil à gratter ») ; le Mouvement européen doit être en mesure d’interpeller les hommes politiques de toutes tendances sur leurs engagements européens, notamment dans la perspective des élections présidentielles. A l‘heure actuelle, il ne le fait pas. Il doit aussi s’exprimer clairement sur tous les sujets européens, via les médias régionaux, locaux et internationaux et via Internet.

4. Développer les contacts internationaux : en ouvrant les instances du Mouvement à des Européens résidant à Paris ou pouvant s’y rendre aisément (la proximité de Bruxelles et de Paris pourrait être mieux valorisée) ; en développant les liens internationaux du Mouvement (par exemple avec l’Allemagne, notre partenaire de toujours mais aussi avec les Pays-Bas qui ont aussi rejeté le traité constitutionnel et avec les nouveaux Etats membres).

5. Faire des cinquante ans du traité de Rome l’occasion d’une manifestation grand public joyeuse et si possible, de lancement d’idées novatrices.

Naturellement, ce « programme » n’est pas exhaustif ; ce ne sont là que quelques pistes puisque l’idée est d’aller recueillir, sur le terrain, les idées des sections locales et des associations partenaires pour en faire ensuite le projet d’une équipe.


Quelques mots sur mon parcours

Mon intérêt pour l’Europe, ancien, se reflète dans mes engagements dans la société civile : je suis ainsi membre de divers organismes européens (pour les détails, voir le CV joint). Mes choix professionnels ont également été européens : au ministère des affaires étrangères où j’ai occupé diverses fonctions en rapport avec l’UE et où j’ai gardé des liens ; à la Commission européenne où j’ai travaillé auprès de Romano Prodi pendant la Convention. Grâce à cette expérience, je possède un bon réseau à Bruxelles et dans diverses capitales européennes parmi les hommes politiques, les médias, les chercheurs.

En 2004, j’ai publié un essai, « Le Grand Turc et la République de Venise » (Fayard), avec un avant-propos de Robert Badinter. Le point de départ de ce livre est la défense de l’Europe politique que des élargissements mal préparés mettent en péril. Il a reçu le « Prix du livre pour l’Europe » en 2005.

En congé de la fonction publique, je continue désormais par mes enseignements (notamment au Collège d’Europe, à Bruges) et par mes écrits, à défendre l’Europe communautaire. Cette position me donne une grande disponibilité que je mettrais volontiers au service du Mouvement. Je publierai deux ouvrages sur l’UE début 2007, dont « L’Europe pour les Nuls » qui vise le grand public.

Mariée, j’ai trois filles qui sont ma meilleure motivation pour persévérer dans le combat européen.

 

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Agenda

16 mars 2012, Nantes : Intervention dans le cadre du colloque "L'Europe face à la crise" organisé par la chaire de philosophie de l'Europe, à la faculté de droit et de science politique, en présence de Jean-Marc Ferry.

 

16 mars 2012, Saint-Malo : Intervention à la réunion-débat publique organisée par le Comité de soutien Bayrou 2012 sur la place de l'Europe dans la campagne présidentielle de François Bayrou et sur les enjeux économiques de la zone euro.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Le Monde 14 février, Le Monde, "Réconcilier les Européens avec l'Europe" Article co-rédigé par Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, à l'occasion de l'intervention de ce dernier, en session plénière à Strasbourg. Dans le contexte actuel écrivent-ils, l'UE a besoin de plus de démocratie et d'une collaboration plus étroite entre les différentes institutions. Lire.

 

Nouvel obs 7 février, Nouvel Obs, "Merkel/Sarkozy : pourquoi leur connivence partisane est une faute de goût" Seizième article de Sylvie Goulard qui exprime sa réserve vis-à-vis du soutien d'Angela Merkel à l'égard de Nicolas Sarkozy. Lire.

 

Nouvel obs 1er février, Nouvel Obs, "Nouveau traité européen : l’euro vaut bien une messe" Quinzième article de Sylvie Goulard qui décrypte les enjeux du nouvel accord conclu le 30 janvier dernier, par vingt-cinq Etats membres de l'UE, pour renforcer la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Lire.

 

La Croix 2 février, La Croix, "Il manque en France une vraie culture du débat". Lire.

 

31 janvier, Radio Centre Ville Montréal, Interview de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe tient une place centrale dans le projet du Modem. Ecouter à la 0'30.

 

31 janvier, Lo Spazio della Politica, Interview de Sylvie Goulard sur la crise économique et financière. Lire.

 

Nouvel obs 26 janvier, Nouvel Obs, "Présidentielle : plaidoyer pour une élection ouverte sur l’Europe et le monde" Quatorzième article de Sylvie Goulard qui encourage les candidats à l'élection présidentielle à replacer l'Europe au coeur du débat politique. Lire.

 

EuropeInfos 25 janvier, Europe-info, "Ce que j’attends de 2012 : les Européens et l’Europe méritent plus de respect".
Lire en françaisLire en anglaisLire en allemand.

 

Nouvel obs 19 janvier, Nouvel Obs, "Les agences de notation diabolisées... parce qu'elles dérangent ?" Treizième article de Sylvie Goulard tendant à réhabiliter le rôle des agences de notation Lire.

 

arte 17 janvier, ARTE, Sylvie Goulard intervient dans l'émission Thema, dans le cadre d'un débat sur la crise de l'euro. Regarder.

 

euobserver 12 janvier, EUobserver, Sylvie Goulard explicite l'enjeu des eurobonds. Regarder.

 

Nouvel obs 12 janvier, Nouvel Obs, "Hongrie ou "l’Europe qui protège"... les tyrans ?" Douzième article de Sylvie Goulard visant à "décrypter" les enjeux de la campagne présidentielle. Lire.

 

11 janvier, Les Cahiers Croire, "L'Europe, une espérance", interview avec Sylvie Goulard. Lire.

 

 

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