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Le débat au sein du MEF

Une contribution de M. Poissonnet (MEF- Gard)

Le 6 novembre 2006

Pour que le ME-F soit une association « qui compte », il me semble qu’il doit d’être actif et efficace dans quatre domaines majeurs :
(1) être un agitateur d’idées et une force de proposition à destination des « constructeurs » de l’Union Européenne (démarche Down-Up),
(2) être un relais d’explication de l’Europe et de sa construction vers tous les citoyens (démarche Top-Down à caractère pédagogique ou informatif),
(3) communiquer (vis-à-vis de l’extérieur) pour acquérir à terme une « notoriété », et a minima une « identité »,
(4) se structurer pour organiser et financer ses actions dans les trois domaines ci-dessus de manière rigoureuse et suivie.

Vu de ma province (!), et après seulement un peu plus d’un an (adhésion en août 2005), mon constat personnel est le suivant :

1/ Le ME-F force de proposition pour construire l’Europe :
- Ayant participé aux Journées d’étude 2005 et 2006, le MEF me semble rassembler un nombre significatif d’experts, qu’ils soient chercheurs, hauts fonctionnaires (des administrations française et européenne), ambassadeurs, politiciens, etc… en exercice et retraités.
Il me parait donc être doté, potentiellement, de la « puissance » intellectuelle nécessaire pour élaborer des propositions. Quelques sections locales en adressent occasionnellement aux instances centrales (avec copie aux autres sections).
- Cependant, je n’ai aucune idée de ce qui se fait réellement, simplement parce que les adhérents n’ont aucun retour des actions du ME-F dans ce domaine (s’il y en a).
- Enfin, lors des dernières journées d’étude à Paris, plusieurs participants se sont plaints de n’avoir pu poser leurs questions, certains déclarant même avec dépit que la parole n’était donnée qu’à des membres connus des présidents de séance… et évoquant d’ailleurs un certain élitisme parisien ou jacobin (je rapporte seulement les propos entendus).
Propositions :
(a) Créer formellement des « groupes de réflexion » sur des sujets-phare, soit en fonction de leur importance, soit de l’actualité ; chacun de ces groupes serait animé par une petite équipe de 3 ou 4 spécialistes motivés qui assureraient l’échange avec les sections de province. A noter que lors des journées d’étude 2005, Pierre Moscovici avait indiqué que 4 commissions permanentes fonctionnaient au sein du ME-F : mes collègues du Gard ne les connaissant pas, j’avais envoyé un e-mail rue de Rennes pour m’en informer : il est resté sans réponse!
(b) Concrétiser les travaux de ces groupes en rédigeant des « fiches de synthèse » thématiques qui constitueraient la position officielle du ME-F sur ces sujets, et seraient systématiquement diffusées aux sections (pour utilisation selon proposition 2-b ci-dessous).
(c) …

2/ Le ME-F relais vers les citoyens pour expliquer l’UE :
- Je n’ai pas connaissance d’une « politique » structurée du ME-F dans ce domaine.
- Avec 1750 adhérents environ actuellement, dispersés en multiples sections, je considère que le ME-F est presque totalement inconnu, et que son action n’a pratiquement aucun impact sur l’opinion publique.
- Les quelques conférences que nous organisons dans les sections ne me semblent attirer qu’une audience de gens déjà acquis à notre cause (toujours les mêmes !) ; la proposition de Pierre Lequiller de constituer un fichier d’intervenants spécialistes risque de nous cantonner dans ce style d’animation, alors qu’il me semble qu’il faut plutôt « sortir de chez nous » et aller à la rencontre des acteurs socio-économiques « chez eux », pour les voir en situation et mieux comprendre leurs préoccupations.
- Une action de cette nature a été initiée en début d’année en direction des collèges et lycées ; des kits documentaires ont par exemple été envoyés aux professeurs d’histoire avant le 9 mai ; mais faute d’une annonce de cette opération aux sections, qui ne les ont pas accompagnées localement, nombre de ces envois ont atterri directement à la poubelle…selon le constat d’une documentaliste de collège qui en a ainsi sauvé un…et n’a fait le lien avec le ME-F qu’en me rencontrant récemment !
Propositions :
(a) Lancer une grande campagne nationale d’adhésion pour faire connaître notre mouvement, et nous doter des moyens en bénévoles nécessaires pour relayer et développer son action. Lors des journées d’étude 2005 à Aix-en-Provence, Pierre Moscovici avait indiqué qu’il faudrait envisager de réduire le montant de la cotisation annuelle, peut-être de l’aligner sur celle des grands partis politiques, et éventuellement de l’indexer sur le revenu de l’adhérent ; quelle suite a été donnée à cette idée ?
(b) Inciter nos adhérents à « aller sur le terrain »…ou même « au charbon! ». Et les y aider ! Le ME-F a publié des fiches sur différents sujets (Que fait l’UE dans votre région ? L’Europe et les jeunes, etc…). Mais il me semble que nous manquons de documents de synthèse « grand public » sur les grands thèmes de société dont se saisissent précisément les opposants à la poursuite de la construction européenne : par exemple « l’UE et l’environnement », « l’UE et la mondialisation », « l’harmonisation des politiques sociales », « les frontières de l’UE », ainsi que sur des politiques comme la Défense, la Politique étrangère, la coopération avec le Tiers-Monde, etc...
(c) Lancer des actions cohérentes de niveau national (ce qui n’exclut pas les initiatives locales). Celle en cours dans les établissements scolaires est pertinente et me parait bien reçue, mais je ne suis même pas sûr que le ME-F se préoccupe actuellement d’en faire un suivi (nb. d’établissements touchés, accueil, améliorations suggérées) et un bilan.
(d) Dans ce registre, ne pourrait-on imaginer une action spécifique, d’ampleur nationale car relayée dans les sections, pour célébrer en 2007 le 50ème anniversaire du Traité de Rome ?
(e) …

3/ La Communication externe :
- Mon avis part d’un constat simple et sévère : je n’ai jamais entendu parler du ME-F dans les médias nationaux. Je crains donc tout simplement que ce soit parce qu’ils n’en parlent jamais !
- J’ai pourtant vu plusieurs fois Pierre Moscovici dans des émissions télévisées sur l’Europe ; mais toujours avec sa(ses) « casquette(s) » politiques (vice-président du Parlement Européen, ex-ministre), jamais en tant que président du ME-F. Je conçois qu’un politicien ne puisse porter simultanément ses multiples « casquettes » surtout lorsqu’il est engagé dans une campagne électorale longue et âpre.
- D’une manière générale, je trouve que les politiciens français ne savent pas bien travailler avec les associations et donnent trop souvent l’impression de vouloir les contrôler. C’est d’autant plus regrettable que depuis de nombreuses années toutes les enquêtes d’opinion montrent que la crédibilité des politiques est faible dans notre pays, et systématiquement inférieure à celle des personnalités de la « société civile ».
Mon opinion personnelle est donc que, dans les circonstances que vit notre pays actuellement (campagnes électorales à venir, mais aussi échec du referendum du 21 mai 2005), une personnalité n’appartenant pas au monde politique « officiel » est la plus à même de développer avec les grands médias la COMMUNICATION de NOTORIETE dont le ME-F a besoin.
Une véritable « politique de communication » devrait être élaborée par un petit groupe de travail, et mise en œuvre de façon rigoureuse.

4/ L’organisation interne :
Les dirigeants actuels du ME-F sont des personnalités très occupées par leurs mandats électifs et autres engagements politiques ou professionnels. La mise en œuvre d’une politique très volontariste de développement du Mouvement nécessitera de la part de la future équipe dirigeante une disponibilité réelle pour encadrer la structure opérationnelle permanente de la rue de Rennes.
- La « Com » interne : félicitations pour le quotidien/revue de presse en ligne Europe Midi ! C’est bien fait et très intéressant.
(a) Structurer la communication interne, et en particulier faire jouer au Secrétariat rue de Rennes un rôle de diffuseur systématique des actions du ME-F, du bureau national comme des sections, dans les deux sens. Pas forcément avec un support papier (publié très irrégulièrement), mais par « forum » sur le site internet du ME-F, ou simplement par messagerie électronique.
(b) Moderniser tous les supports : les diaporamas sous PowerPoint sont devenus indispensables pour les présentations devant le moindre public, les prospectus papier n’étant plus qu’un additif à laisser à l’issue d’une présentation.
- Financement : je dois avouer ne rien savoir du budget de fonctionnement du ME-F, ni de l’origine de ses ressources. J’ai cependant compris qu’il ne lui était pas interdit de faire appel au mécénat (ou à des dons), et j’ai constaté que la remontée au niveau national d’une fraction des cotisations des adhérents privait les sections d’une partie significative de « leurs » ressources. Et qu’elles allaient ensuite « pleurer » des aides et subventions rue de Rennes pour organiser leurs manifestations !
(c) Intéresser de grandes entreprises présentes dans les principaux pays de l’UE à notre action, et… solliciter leur aide financière ! Sous une forme à déterminer pour ne pas se rendre dépendant : ce peut être une adhésion à tarif « corporate » relativement élevé, ou du sponsoring pour une action spécifique non récurrente. Je pense à des entreprises comme Renault, AREVA, EDF, Carrefour et la grande distribution, France Télécom, Air France-KLM, les grandes banques, etc…
(d) Ces nouvelles ressources restant au niveau national, la quasi-totalité des cotisations de « leurs » adhérents serait laissée aux sections locales… moins 1€ symbolique de solidarité si l’on veut !
Ma réflexion est évidemment limitée sur les autres sujets, ne connaissant pas en particulier la charge de travail de l’équipe de la rue de Rennes, ni son organisation.

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Agenda

7 février 2012, Paris, Participation au débat "Les catholiques et la politique", animé par le P. François BOËDEC et Antoine D’ABBUNDO, rédacteur en chef à Pèlerin, en présence d'Etienne PINTE, député des Yvelines, François SOULAGE, président du Secours catholique et Monique BAUJARD, directrice du service national Famille et société de la Conférence des évêques de France. Plus d'info.

 

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